Comme Polarity Switch est un Sokoban, j'ai failli écrire un article sur les Sokoban, et du coup je suis allé sur Wikipédia pour lire ce que disait la page sur les Sokoban – ou « pousse-bloc », en français – et alors, saviez-vous que...

Saviez-vous, déjà, que toutes les règles du journalisme viennent d'être pulvérisées par la simple action de ce chapo qui se termine par un double-point ? Mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Saviez-vous que le Sokoban fait partie des jeux 'achement durs à résoudre pour une intelligence artificielle ? C'est une histoire d'arborescence, de ce que j'ai compris : il y a rapidement trop de chemins à explorer, ce qui fait grimper les calculs de façon exponentielle et met vite la machine à terre. Apparemment, c'est parce que les Sokoban font partie de jeux dont les méthodes de résolution sont heuristiques, comme le go. En gros, ce sont des jeux où il est très difficile d'évaluer la force d'une position avant la fin de la partie sans avoir une sorte de vision intuitive du jeu, ce dont une machine est incapable. Aux échecs, par exemple, bien avant que la partie ne soit terminée, il est assez facile de dire quel joueur est en train de gagner, en comptant les pièces de chaque couleur sur la table. Un ordinateur, pour jouer aux échecs, n'a pas besoin de tout calculer jusqu'à la fin de la partie, il se contente de prédire quelques coups et de voir ceux qui le mettent dans la position la plus favorable. Dans les Sokoban ou au go, c'est quasiment impossible et il faut passer par d'autres solutions, notamment le deep learningNote : 1.

Note 1 : Pour ceux que le sujet intéresse, je vous recommande infiniment toutes les vidéos de Science Étonnante sur l'intelligence artificielle, c'est toujours passionnant.

Plus ou moins un Sokoban.

Donc voilà, j'y connais pas grand-chose, je restitue ça un peu pêle-mêle, mais je suis content que les Sokoban soient des jeux difficiles à résoudre pour une machine, parce que je trouve que ce serait une petite insulte à la patience et à l'intelligence des développeurs qui se plient en quatre pour trouver des concepts sympas si c'était plus facile. Dans le genre, Polarity Switch est à la fois simple et très dur, et il devrait faire la joie de tous ceux qui se targuent de surpasser la machine. C'est donc un pousse-bloc très classique, avec un twist : les blocs ont une polarité, plus ou moins. Certains se collent au joueur, d'autres sont repoussés par la polarité et, je vous le donne en mille, il y a des objets qui permettent de changer les polarités, et plein de puzzles très intelligents qui explorent tout ce qu'il est possible de faire avec cette mécanique. Je me suis pour l'instant arrêté au quinzième niveau, parce que ça devient vite compliqué, sans jamais devenir frustrant. La prochaine fois, il faudra que je fasse aussi un article sur la gestion de la frustration dans les casse-tête, c'est aussi un sujet délicat et, dans son genre, Polarity Switch s'en sort très bien.

Genre : Sokoban
Développeur : rob1221
URL : http://cpc.cx/tH8