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Genre : action en 2D
Développeur : The Game Kitchen (Espagne)
Éditeur : Dotemu
Plateformes dispo : Windows, Switch, PS4/PS5, Xbox One/Series
Plateforme test : PS5
Téléchargement : 1,25 Go
Date de sortie : 31/07/2025
Langue : français
Prix : 25 €
Un hack 'n' slash en 2D, c’est comme un Kinder Bueno. Difficile à refuser, et encore plus difficile de ne pas le bouloter comme un mort de faim. Tout débute de la plus belle des manières. Une touche pour attaquer, une touche pour sauter, une touche pour esquiver. La sainte trinité sauce samouraï, le bonheur de l’école du gameplay. Rapide, nerveux, Kenji se fraye un chemin parmi les hordes d'adversaires. Et puis, en cours de route, il fait la rencontre de Kumori dans une scène qui n’est pas sans rappeler Aliens de James Cameron. De cette rencontre où les deux personnages fusionnent naît le système de jeu-clé de ce Ninja Gaiden : la variation des attaques au corps-à-corps bleues, celles de Kenji, avec les attaques à distance rouges, celles de Kumori.

Faf la Ragebound

Le katana et le kunai qui se disputent le kill, ou la tendre histoire d’amour de l’arme blanche. Régulièrement, des ennemis avec une aura bleue ou rouge débarquent à l’écran. Impossible de les manquer. S’ils sont éliminés avec un coup de la couleur correspondante, vous obtenez une hypercharge qui permet de slasher en un seul coup les mobs costauds. Ainsi, l’agencement de l’intégralité des créatures du jeu se fait sur ce principe. On jette un coup d’œil au monstre retors, un second coup d’œil au monstre coloré et on trouve la façon d’enchaîner les deux. L’environnement se fond dans cette donne, et les boss ont la politesse de se plier aussi à la domination des couleurs. C’est vif, jouissif. Ça a de la gueule et du style. Ce que demande le peuple, en somme.

Le Contra de confiance.
Du fun, rien que du fun. Les corps se meuvent avec grâce, les hitbox sont d’une générosité infinie et l’esquive si permissive qu’on se croirait au paradis du jeu d’action. Nous ne perdons pas de vie, ni ne recommençons au début du niveau ; encore moins d’écran de « continue ? » avec un compte à rebours qui rappellerait la course à la petite monnaie des bornes d’arcade. Des checkpoints réguliers et disposés harmonieusement parsèment les niveaux. Ils vous redonnent de la vie, parfois toute votre vie si vous équipez le bon talisman. La punition vient davantage de l’exploitation des réflexes défensifs du joueur, un joueur qui va tendre à se diriger de lui-même vers la zone dangereuse, qu’elle soit un parterre d’ennemis ou un ravin. Cela dit, l’aspect ardu ne vient vraiment qu’en mode difficile, qui se débloque en terminant l’aventure.

Les corps se meuvent avec grâce, les hitbox sont d’une générosité infinie et l’esquive si permissive qu’on se croirait au paradis du jeu d’action.

Kenji Girac

Pour le reste, on est dans la proposition d’un beau jeu à scoring dont la maîtrise parfaite empêche de prendre le moindre dommage. En particulier grâce à l’absence de double saut et de dash aériens, qui sont habilement compensés par le « guillotine jump », la meilleure trouvaille de l’épisode. En appuyant au bon moment, le personnage peut rebondir sur une surface, que ce soient certaines plateformes, des projectiles ou des ennemis. Le guillotine jump donne vitesse et satisfaction. Le plaisir est immédiat. On fuse dans les niveaux, on se plaît à dévaler sur la gueule des adversaires ou à entamer des ballets aériens lors des affrontements contre les monstres de fin de niveau. C’est important, ces œuvres qui font la part belle au contentement.

Maintenant, il ne faut pas se voiler la face avec une capuche du ninja taille XL. Quand on aime, on fait l’impasse sur les défauts de l’autre. Un réflexe naturel comme une esquive au bon moment. Ce jeu, on veut lui pardonner, car de si belles qualités méritent de belles excuses. Cependant, malgré ses atours de feu et d’impact, Ninja Gaiden : Ragebound n’est pas exempt de faiblesses : une aventure expédiée en une poignée d’heures en mode classique, un level design efficace mais peu inventif, et surtout les passages avec Kumori bien trop rares, courts et pas assez développés. C’est surtout ce dernier point qui laisse un goût amer, tant le personnage et son gameplay ont un potentiel fou.
Au cours des niveaux, vous aurez souvent à passer dans une sorte de monde immatériel, des moments brefs où Kenji laisse la place à Kumori. La kunoichi devra parvenir à la fin de la zone en un temps limité pour débloquer la route du personnage principal, ou récupérer un objet rare. Quelquefois, les deux. Des éléments enrichissent l’expérience principale, que ce soit la nécessité d’attraper des bonus de temps ou la possibilité de se téléporter en lançant son kunai sur des éléments précis du décor. Plus l’aventure avance, plus on se dit que le vrai jeu aurait pu être ici, qu’il aurait dû être ici. Kumori et Kenji, c’est le classique de la fille beaucoup trop bien pour le mec.

Notre avis

Rudyard Clipping le 6 août 2025

| Modifié le le 14 août 2025

Ninja Gaiden, c’est à toi que je parle. T’hayabuses pas un peu ? Tu y étais presque, tu nous as brutalisés, tu nous as sonnés, mais tu nous as laissés en vie. Alors, pour la prochaine fois, garde ça à l’esprit : on veut Kumori, pas Kenji. Dégage Kenji.