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Genre : construction d'usine/exploration
Développeur / Éditeur : Coffee Stain Studios (Suède)
Plateforme dispo : Windows
Téléchargement : 15 Go
Date de sortie : 10/09/2024
Langues : français, anglais
Prix : 39 €
Il faut, en préambule, saluer ceux qui nous ont permis de jouer à un jeu aussi exceptionnel. Il y a les développeurs de Coffee Stain Studios bien sûr, une bande de neuf étudiants suédois qui, avant de nous livrer ce chef-d'œuvre, n'avaient à leur crédit qu'un petit tower defense, Sanctum, et le jeu-blague Goat Simulator. Mais il serait injuste de ne pas mentionner Factorio. Car c'est bien lui qui a « inventé » la grammaire du jeu d'usine, qu'applique si bien Satisfactory. Que son nom brille au firmament du game design pour les siècles des siècles.

Laissez-nous chanter

Quel est donc le secret de Satisfactory ? Pourquoi mérite-t-il sa place dans toutes les ludothèques du monde ? La raison n'est peut-être pas évidente pour quelqu'un à qui on essayerait de vendre le jeu. « Bon alors, tu débarques sur une planète vierge, et tu dois faire circuler des ressources entre des machines industrielles pour produire des plaques de fer. Voilà. » C'est vrai que ça ne fait pas rêver. Il n'y a pas d'élément stratégique, pas de survie, pas d'ennemis (ou alors, ils sont vraiment anecdotiques), pas de cinématique avec Jojo-l'acteur-hollywoodien payé pour l'occasion. C'est à peine s'il y a un scénario. Mais Satisfactory, comme peut-être aucun autre jeu avant lui, permet aux joueuses et aux joueurs d'exprimer leur créativité. Il est là, le secret. Quand les jeux vidéo « classiques » nous proposent d'admirer une jolie toile, Satisfactory nous donne des tas de pinceaux et nous dit : « Voilà, maintenant tu te démerdes, montre-nous ce que tu es capable de faire. »

(Crédit : Drahelia)
(Crédit : Yavétil)

Du beau et du bien optimisé

Et le plus beau, c'est qu'il ne nous demande pas de mobiliser un seul type de créativité. Il nous demande à la fois d'être un ingénieur, qui va créer à partir de zéro une infrastructure industrielle tentaculaire où il faudra se cramer les neurones pour résoudre des problèmes de flux, de logistique et d'organisation spatiale. Mais il permet aussi de simplement « faire du beau », tel un architecte, en offrant des possibilités de construction inégalées.

Satisfactory nous permet de créer un chef-d'œuvre, notre chef-d'œuvre.

On peut y bâtir, mur par mur, dalle par dalle, une monstrueuse aciérie brutaliste digne de l'époque soviétique, reliée par un chemin de fer à une usine high-tech éclatante de lumière colorée, alimentée par une centrale nucléaire dont on aura travaillé le design, les formes et l'organisation. Satisfactory nous permet de créer un chef-d'œuvre, notre chef-d'œuvre. Et je ne pense pas qu'il y ait de plus grand plaisir, dans un jeu vidéo, que d'admirer ce qu'on a passé des heures à construire, à embellir et à optimiser en se disant : « C'est de ma sueur que sont nées toute cette beauté et toute cette efficacité. »
(Crédit : Paltorn)

Cinq années d'améliorations

Il faut être juste : Satisfactory n'est pas le premier jeu à venir exciter ces zones érogènes de notre cervelle. On peut citer Factorio bien sûr, Dyson Sphere Program, Captain of Industry, The Riftbreaker ou le récent Shapez 2. Mais aucun ne le fait à une telle échelle, et avec une telle maestria technique. Déjà splendide il y a cinq ans, le jeu n'a fait que se bonifier, en exploitant toujours mieux l'Unreal Engine, mis à jour en version 5, avec de magnifiques effets de lumière à activer si votre carte graphique peut l'encaisser. L'interface, elle aussi, n'a cessé de se raffiner. Le terrain de jeu est monstrueux, près de 50 km², avec une vingtaine de biomes à explorer.

Déjà splendide il y a cinq ans, le jeu n'a fait que se bonifier.

Et cette version finale rajoute bien sûr une tonne de contenu pour les fins de partie. Je ne veux pas tout dévoiler, mais sachez que vous aurez accès au « Tiers » ultime de l'aventure, avec des technologies aliens, des machines quantiques, de nouvelles ressources, des améliorations cosmétiques (notamment de splendides peintures métalliques) et... le summum absolu du tapis roulant. C'est vertigineux. Le rapport prix/heures de jeu est imbattable.
(Crédit : Nono5785)

Un exemple pour les jeux vidéo du futur

Le petit peuple du jeu vidéo se divise donc en deux catégories. Il y a ceux qui ont déjà joué à Satisfactory, et qui repartiront pour des mois d'obsession sur cette version finale. Puis il y a ceux qui doivent acheter Satisfactory, là, maintenantJe me fiche que vous ne soyez « pas trop jeu de gestion » ou que vous ayez peur que cela soit « un peu prise de tête ». Satisfactory vous fera changer d'avis.

Enfin, je voudrais adresser un message, les yeux embués de larmes, la lèvre inférieure tremblante, à tous les décideurs, producteurs et game designers qui bossent dans les gros studios à jeux AAA. Jouez à cette merveille. Jouez-y pour enfin comprendre que la formule du jeu vidéo de papa, avec son scénario étriqué, ses vagues d'ennemis à décimer, ses quêtes prémâchées, a fait son temps. Continuez bien sûr à créer vos univers, mais plutôt que de nous affubler d'une épée ou d'un fusil à pompe, donnez-nous des outils et la liberté d'y construire quelque chose de beau, en révélant notre sensibilité, notre inventivité et notre créativité. Satisfactory le fait à la perfection, il faut suivre son exemple.

Notre avis

ackboo le 10 septembre 2024

| Modifié le le 17 septembre 2024

Je ne vais rien vous apprendre de neuf : Satisfactory est le meilleur jeu d'usine du marché et, au-delà de ça, un grand, un immense jeu vidéo, auquel tout le monde devrait jouer au moins 250 heures dans sa vie.