Genre: après-midi d’hiver
Developpeur: Dontnod (France)
Editeur: Square Enix
Plateformes dispo: PC Windows, PS4, Xbox One
Plateforme test: PC Windows
Config: PC de joueur
Langues: anglais sous-titré français
Drm: Steam, Denuvo
Telechargement: 3 Go
Prix: gratuit
Date de sortie: 26/06/2018
| Modifié le le 25 mai 2021
Certains indices peuvent conduire la joueuse éveillée et attentive à une certaine méfiance. Prenons le cas de The Awesome Adventures of Captain Spirit. Cet épisode situé dans l’univers de Life is Strange mais indépendant – bien qu’il se termine par une mention « à suivre », il fonctionne comme une histoire qui se tient à peu près toute seule – est distribué gratuitement. Venant de Square Enix, son éditeur, le procédé a de quoi soulever des sourcils interrogatifs. Outre la mention « à suivre », un bouton « précommander Life is Strange 2 » vient ponctuer l’aventure. Oui, vous êtes d’accord avec moi, ça ressemble à une façon d’appâter le chaland. À une jolie petite page de publicité.
Vous raconter tout ce qui ne se voit pas à l’écran.
Une séance de captain spiritisme.
Vous dirigez Chris, en vue à la troisième personne. Pour qui a joué à Life is Strange, la familiarité est immédiate. Les graphismes, cette patte réalisme stylisé, n’ont pas bougé. À peine s’ils sont un peu plus jolis, un poil plus fluides, histoire de prouver que trois ans et demi ont passé depuis la rencontre du public avec Max et Chloé, les héroïnes de la première saison. C’est l’hiver, alors les lumières éblouissent moins, mais Chris parfois prend trois minutes pour écouter une ballade folk allongé sur le lit de son père. Et puis Chris joue à Captain Spirit. Dans sa tête, dans ses rêves, il est ce super-héros tantôt magnanime, tantôt impitoyable, qui défend la veuve et l’orphelin. Il se concentre, fronce les sourcils, sa main se crispe, tout tremble, et bientôt, le décor autour de lui a changé. Il n’est plus dans le débarras, mais sur une planète sombre et inquiétante. Comme dans Life is Strange, la limite entre rêve et réalité se brouille pour laisser émerger une atmosphère merveilleuse, dans tous les sens du terme.
L’âge de déraison.
Chris reste un enfant de neuf ans. Ce qui encourage beaucoup à mettre toutes ces aventures extraordinaires sur le dos de son imagination débordante. Outre la parenté évidente avec Life is Strange, ce mélange de décors quotidiens et d’environnements fantastiques rappelle aussi beaucoup, beaucoup Blackwood Crossing. Comme dans le jeu du studio britannique Paper Seven (sympathique mais pas toujours super réussi), le réel intérêt de votre présence, c’est de vous raconter tout ce qui ne se voit pas à l’écran. Tout le passé. Tout ce qui a conduit à cette après-midi d’hiver dans une maison en préfabriqué dans un coin paumé de l’Oregon. Tout ce qui a mené ce père de famille, qui a pourtant l’air de bonne volonté, à oublier si rapidement son fils au profit d’un match de basket à la télé et d’une bouteille de sky.