Jeu: The Division 2
Genre: TPS, shooter
Developpeur: Massive Entertainment
Editeur: Ubisoft
Plateformes dispo: PC Windows, PS4, Xbox One
Plateforme test: PC Windows
Langues: français
Prix: environ 50 €
Date de sortie: 08/03/2019
Telechargement: 45 Go
Config: PC de joueur costaud
Drm: Uplay
Ce qu'on ne pourra pas reprocher à The Division 2, c'est de tourner autour du pot : dès l'intro, le ton est donné, le scénario promet d'être simple et beau comme un tweet de Nicolas Dupont-Aignan. En gros, il y a eu une catastrophe, sur laquelle le prologue ne prend pas la peine de revenir. Rapidement, les choses ont dégénéré, les Starbucks ont fermé et le Wi-Fi a été coupé (sic). Pourtant, l'humanité a survécu, elle s'est organisée, les gens se sont entraidés. De nouvelles communautés, d'autres solidarités ont émergé des décombres. Tout aurait pu aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, s'il n'y avait pas eu « ceux qui ne construisent rien, ceux qui ne créent rien » – sûrement les mêmes qui profitaient des minima sociaux avant la catastrophe. À partir de là, tout a été plus facile : « Est-ce que vous aviez un flingue ? Est-ce que vos voisins en avaient un ? Ce sont ces gens-là qui ont survécu. » C'est là que vous intervenez. Vous, vous aviez un flingue, pas comme tous ces hippies mangeurs d'arbres. Depuis, vous êtes le bouclier de la civilisation, le porteur de lumière. Votre mission : tuer des anarchistes dans les rues de Washington D.C., à coups de fusil à lunette, de mitrailleuse, de carabine, de drone, et de milliers d'autres flingues que vous allez prendre plaisir à bichonner, à customiser et à polir pour assassiner toujours un peu plus de monde, avec la douce sensation que toutes ces années passées à militer au sein de la NRA n'auront pas été vaines.

Massacre à la sulfateuse.

Alors, certes : tuer des milliers, voire des dizaines de milliers de PNJ dans un jeu où l'on est censé incarner le camp du bien, c'est un cliché vieux comme le jeu vidéo. Pourtant, il y a quelque chose de particulier dans The Division 2. Peut-être est-ce simplement qu'on y passe son temps à courir dans une ville immense et vide où l'on tue, sans autre forme de procès, tous ceux qui ont le malheur de croiser notre route. Peut-être est-ce le fait que le jeu soit terriblement premier degré, et qu'il ne semble jamais s’interroger sur la légitimité de ce qu'il nous demande de faire. On ne sait absolument rien des méchants, si ce n'est qu'ils sont « méchants ». Pourquoi, depuis quand, quelle société tentent-ils de construire, est-ce qu'ils n'ont pas raison, est-ce que leur but n'est pas aussi légitime que le nôtre ? Et ces deux PNJ, pour lesquels un petit marqueur indique qu'ils « patrouillent à la recherche de matériel » : comment savoir si l'un d'eux n'a pas un fils ou une fille gravement malade, et qu'il cherche simplement des produits médicaux ? Visiblement, notre mission n'est pas de savoir pourquoi les méchants sont méchants. Ils sont méchants, c'est tout, et il faut les abattre. Dans un jeu où le but est de reconstruire la société, il y a quelque chose de très bizarre à incarner quelqu'un qui semble n'avoir attendu, toute sa vie, qu'une catastrophe, pour enfin pouvoir déchaîner sa véritable nature de sociopathe.

Idées noires et maison blanche.

Dans le fond, The Division 2, c'est ça : abattre sans émotion, pendant des heures, des punks dans les rues d'une ville grande et belle autant qu'elle est vide et monotone, sans aucune raison valable. Est-ce à dire que The Division 2 est tout pourri ? Eh bien, pas totalement non plus. Le cœur du jeu, les fusillades, est à peu près réussi. Les ennemis ne sont pas toujours complètement stupides, ils contournent, lancent des grenades, essayent de vous encercler – même s'ils ont la fâcheuse manie d'apparaître dans votre dos, à quelques centimètres seulement. La sensation de tir n'est pas trop mal non plus, les armes réagissent différemment, elles font des bruits plutôt cool et les gadgets sont rigolos et utiles. Mais surtout, s'il y a une chose que Massive Entertainment a su faire, c'est bourrer son jeu de contenu, quêtes, objets à trouver, points à débloquer, zones à libérer, etc. Bizarrement, alors que le jeu est à peu près sans intérêt sur presque tous les points, qu'il donne la désagréable sensation de sucer des points de Q.I. à chaque heure passée dessus, ce n'est pas désagréable d'y jouer. Les missions s'enchaînent suffisamment bien, les points d'intérêt sont suffisamment proches pour qu'on se surprenne à continuer encore un peu, juste pour voir la prochaine zone, puis encore un peu, puis encore un peu. Du coup, le résultat est assez curieux, comme un très mauvais film très bien produit. On sait qu'on perd son temps, mais on le perd de manière relativement agréable.

Gné.

En multijoueur, sur les missions principales, le jeu n'est pas beaucoup plus intéressant, mais toujours aussi addictif. Durant les quelques dizaines d'heures nécessaires pour atteindre le endgame, tout est suffisamment simple pour qu'il n'y ait pas vraiment besoin de se coordonner pour enchaîner les missions et ramasser du butin qu'il faudra ensuite passer des heures à vendre ou à désassembler dans un inventaire particulièrement lent. Les choses se corsent à partir du niveau 30, quand le contenu endgame se débloque et qu'il devient important de bien tenir son rôle. Même constat du côté des « dark zones » – les zones de PvP – dans lesquelles on peut s'amuser pendant plusieurs heures en se trouvant une équipe sympa pour aller dépouiller les autres. Malgré tout, et même s'il est globalement très bien réalisé et très riche en contenu, The Division 2 reste un jeu d'une stupidité sans borne, à consommer comme tel, pour se changer les idées, ou pour ne pas penser du tout.

Notre avis

Noël Malware le 17 mars 2019

| Modifié le le 25 mai 2021

The Division 2 est une machine à faire poum-poum sur des méchants sans réfléchir, pendant des heures. Sur ce point, il ne s'en sort pas trop mal, avec des fusillades correctement réalisées, un jeu bien équilibré et suffisamment de contenu pour y passer quelques heures. Par contre, soyez prévenu : c'est vraiment méchamment stupide.