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Genre : visual novel, survie ratée
Développeur : Bellular Studios (Irlande du Nord)
Éditeur : Fellow Traveller
Plateformes dispo : Windows, macOS
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 3 Go
Date de sortie :  24/02/2023
Langue : anglais
Prix : 20 €
J’ai projeté beaucoup de Terreur dans The Pale Beyond. Sur le port, je trépignais à l’idée de cette promiscuité crasse, impatient de ramasser, au fond de bottes en peau de phoque, mes premiers orteils gelés. À l’embarquement, l'atmosphère et l’écriture réservent le meilleur accueil : pas de tartines de texte, mais assez de gras pour rendre les membres de l’équipage vivants, et le mystère qui pointe, attirant. On cerne en quelques lignes comment manager les personnalités de chacun, du mécano taiseux à la musheuse qui tuerait pour sa meute. Le style « fusain » des personnages est agréable, tout comme l'ambiance sonore, pour qui aime entendre grincer les vieux gréements.

Scorbut en blanc.

Nous voilà donc à bord du Temperance, sur les traces d’un navire disparu. La sauvegarde automatique est séquencée en « semaines » (des sessions de 5-10 minutes) durant lesquelles il faut assigner ses équipiers (valides) aux tâches vitales (chasse, chauffage…). Mais aussi traiter leurs demandes, en tentant de préserver leur joie de vivre et leur loyauté. On surveille trois jauges:  le moral, la chaleur, la faim. Et là, comme on dit tant que la banquise existe encore : ICEBERG DROIT DEVANT ! D’abord, face à la difficulté absurde, il faut désactiver le game over lié à la chute du moral. Puis les vagues scélérates se succèdent : le combustible est vite introuvable, les équipiers presque tous en ITT pour cause de scorbut ou d’engelure. Le volet « politique » est très opaque – quant aux « points de recherche », j’ai vu défiler le générique final sans leur avoir trouvé une quelconque utilité.

Les rillettes du manchot.

On passait un bon moment, on soufflait dans nos gants au son de l’accordéon de Gilou. Quand, patatras, à cause de règles pétées, le jeu se casse la margoulette comme le mousse flambé au rhum sur un pont vermoulu. Il serait fastidieux de tout énumérer, notons juste deux absurdités concrètes. Vivre un mois entier sans feu, sous des tentes, par moins quarante degrés, ne m’a pas empêché de finir le jeu. Plus grave : faute de bois, j’ai dû utiliser, en guise de bûches, des pygoscelis adeliae (ne googlez pas, vous allez pleurer). J’ai persisté malgré tout, tracté par l’histoire, trébuchant dans le blizzard de la logique, sur des hasards énervants, chargeant des parties à répétition… Sans compter l’interface, bien buguée.

Notre avis

Soupape François le 22 mars 2023
The Pale Beyond est un petit manchot : sa chair est goûteuse, mais farcie de petits os. On a d’un côté un sympathique visual novel, de l’autre des mécaniques de survie ratées qui cassent l’ambiance. D’où cette note en forme de panneau « À vos risques et périls ».