Développeur : AP Thomson (États-Unis)
Éditeur : Fellow Traveler
Plateformes dispo : Windows, macOS
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 600 Mo
Date de sortie : 23/04/2026
Langue : anglais
Prix : 13 €
Un jour, il faudra qu’on s’attarde sur le NYU Game Center. Ce département de game design de l’université de New York fondé par Frank Lantz (Universal Paperclips, Q-UP) emploie, entre autres, Bennett Foddy (Getting Over It, Baby Steps) en tant qu’enseignant et a formé des gens très bien, comme Gabe Cuzzillo (Ape Out, Baby Steps également) ou Jenny Jiao Hsia (Consume Me). En attendant, arrêtons-nous sur Alec Thomson, autre diplômé de cette formation prolifique, qui soumet un indescriptible Titanium Court.
Des choix suivis des fées
Chaque bataille se découpe en deux phases. D’abord, la marée haute. C’est du Candy Crush ou du Bejeweled. Votre château est placé au centre d’une grille et chaque case représente un type de terrain (champ, rivière, montagne, forêt). Intervertir deux carrés et causer l’alignement d’au moins trois qui sont identiques les font disparaître (en réalité, ils sont convertis en ressources), provoquant la chute de blocs de remplacement venus d’en haut. Il est évidemment encouragé d’aligner les bases ennemies afin de les supprimer ou, a minima, mettre de la distance entre vous et le danger, voire carrément des obstacles. Une fois nos coups épuisés, on passe à la marée basse.La grille se fige et, d’un seul coup, Titanium Court se mue en tower defense. Contre des ressources, déployez des unités sur le terrain. Guerriers ou fermiers, tout dépendra de la situation et des forces en présence, car, après tout, si vous avez bien mené votre barque pendant la marée haute, vous pourriez parfaitement vous retrouver sans adversaires à défaire sur le champ de bataille. Une fois les troupes avancées, on appuie sur « lecture », on regarde nos petits bonshommes travailler en toute autonomie et on prie pour que les murs de la cour survivent aux trente interminables secondes que dure l’assaut. Il y a une quantité conséquente de subtilités, notamment un aspect roguelite qui sert à faire progresser l’histoire, mais je n’ai que deux pages.
Tower Défonce
Le fait que ce mélange improbable puisse fonctionner est, en soi, formidable. C’est fascinant. Je ne suis pas particulièrement adepte de match-3 à la Bejeweled, ni de tower defense, d’ailleurs. Et, malgré mes affinités lacunaires, malgré ma pratique de ce jeu qui peut parfois relever de la corvée à mes yeux, je suis incapable de ne pas percevoir le génie de la proposition. Même moi, l’incompatible, j’apprécie cette chance de goûter au fruit d’une expérience visionnaire, raffinée, osée. D’une tentative qui fait réellement avancer le schmilblick, qui rajoute des pages au lexique du langage ludique. À défaut de plaisir immédiat, il y a une grande admiration.Le fruit d’une expérience visionnaire, raffinée, osée. Une tentative qui fait réellement avancer le schmilblick.
Le songe d’une nuit d’éther
Et l’éléphant dans la pièce : l’écriture. Absurde à l’excès, elle n’a qu’un objectif, mettre en exergue la stupéfaction de notre héroïne face à cette bande d’adorables abrutis qui pensent qu’un panneau stop est une puissante et ancienne rune de pétrification, ou que les voitures n’existent que dans la mythologie humaine. C’est drôle, intelligent, peut-être un chouïa prétentieux. « Trop verbeux », comme se décrit parfois le jeu lui-même.C’est drôle, intelligent, peut-être un chouïa prétentieux. « Trop verbeux », comme se décrit parfois le jeu lui-même.