Repartir sur des bases saines

Electronic Arts annule plein de choses. D'abord, l'éditeur fait le ménage sur son smartphone. Apex Legends Mobile, sorti il y a moins d'un an, fermera le 1er mai. Les dindons qui ont sorti la carte bleue pour y acheter des items l'auront dans l'os puisqu'il n'y aura pas de remboursement (mais franchement, ils le méritent un peu). Battlefield Mobile, en cours de développement, part lui aussi à la benne. Du côté des vrais jeux vidéo, Bloomberg révèle qu'Electronic Arts vient d'annuler un gros chantier secret chez Respawn. TFL, c'était son petit nom interne, aurait dû être un FPS solo dans l'univers de Titanfall/Apex Legends, basé sur « le style et la mobilité ». C'est peut-être ce petit coup au moral qui explique que l'autre jeu en préparation chez Respawn, Star Wars : Jedi Survivor, soit repoussé au 28 avril, alors qu'il devait sortir en mars. A.

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Son état était pourtant (back)stab !

Counter-Strike 2 est un enfant qui a le respect de son papa Counter-Strike : GO. Il lui ressemble beaucoup, en plus joli et plus jeune évidemment, et a patiemment attendu depuis le printemps, en faisant des bêtas, des tests, des… oh et puis mince, place aux jeunes ! Le 27 septembre, il a regardé son paternel dans les yeux, lui a murmuré « 11 ans déjà, tu as eu une belle vie », puis a débranché la prise d’un coup sec. Vraiment sec, car une mise à jour a simplement fait passer le jeu en version 2, pour tout le monde. Au point de tomber entre deux rounds de matchs pros du circuit officiel, c’est dire. Un tickrate en temps réel et un passage au moteur Source 2 qui touche les lumières, les reflets, la fumée volumétrique. Panique chez les plus acharnés, qui doivent réapprendre à lancer une grenade. Au moins les cartes iconiques restent les mêmes, et les skins sont transférés, ils évitent donc l’arrêt cardiaque. P.

"Félicitations, vous venez de tuer votre premier boss. Veuillez accepter ces trois objets moyens-bof en récompense."
On a fait une Bullet

Dans un rapport financier pour début 2023, les Polonais de People Can Fly reparlent d’Outriders, sorti en 2021, et acclamé par la critique (4/10 dans Canard PC, par un Kahn Lusth admiratif). Ils en causent surtout pour dire « Hé, mais on a pas touché de royalties par notre éditeur, Square Enix ! ». Je le savais, Square est un mauvais payeur ! Square voleurs ! Square esc… ah, attendez, le document continue et explique que ces royalties dépendaient des bénéfices tirés du jeu et que, visiblement, « les ventes ont été insuffisantes pour couvrir les coûts et les dépenses du développement ». Plus simplement, ils n’ont pas eu leur part du gâteau, car il n’y avait pas de gâteau. Mais pas d’inquiétude, Bulletstorm VR arrive le 14 décembre et tout le monde adore la licence, le jeu de base (6/10, par Louis Ferdinand Sébum, un grand fan) et sa Full Clip edition ( PIGEON/10, par un Guy Moquette extatique). P.

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Chris Metzen, qui a travaillé sur toutes les franchises de Blizzard durant 23 ans, avant sa retraite en 2016, était déjà revenu comme conseiller depuis 2022. La relève n’est visiblement pas prête, et il vient d’être nommé directeur créatif exécutif pour tout ce qui touche à Warcraft. P.
On connaît la Shang Tsung

Sébum l’évoquait, au sujet de Mortal Kombat 1, le 12e de la série, car plus rien n’a de sens : la violence interdit la monétisation YouTube, et réduit l’exposition chez les steameurs. Un problème pour Ed Boon, qui se questionnait sur un mode basse violence. La solution était plus simple : il suffisait de sortir une version Switch. Fini l’horreur du gore, place au rire, devant l’aspect visuel du jeu, qui tire des larmes de sang à la console de Nintendo, pour un résultat catastrophique au point d’être comique. Question exposition, c’est une réussite, et les qualificatifs pullulent : « horrible », « douloureux pour les yeux », « irrespectueux ». Tandis que l’équipe de communication avale son douzième valium, Ed Booon affirme qu’ « un certain nombre de problèmes soulevés seront pris en compte » dans une mise à jour. Une manière polie de dire « On va faire ce qu’on peut, mais n’attendez pas de miracle non plus ». P.

Another one bites the Dust 514

Être développeur chez CCP doit être un calvaire. Oh, bien sûr, tout le monde continue de chanter les louanges d’un Eve Online toujours vivant vingt ans après sa sortie, mais la triste vérité est celle d’une vocation contrariée. Tel Claude Dubois dans Starmania, ils ne font pas ce qu’ils auraient voulu faire. Eux rêvent d’un FPS depuis presque toujours, et ils ont essayé, beaucoup essayé. Trop même, diraient les esprits perfides, qui se souviennent du Dust 514 de 2013 sur PlayStation 3 (fermé en 2018), du Project Legion de 2014 (jamais sorti), du Project Nova de 2018 (annulé en 2020). Pas nous. Chez Canard PC, on se réjouit de les voir annoncer EVE : Vanguard, qui est exactement ce que vous craigniez : un module FPS PvPvE connecté à Eve Online, dont une partie arrivera dans la foulée de l’extension Havoc du 14 novembre. Pour les inscrits, une carte sera jouable dès décembre. Bonne chance, donc, à EVE : Vanguard (fermé en 2026). P.

J’ai dépensé sans Comté

Avec un trailer plein de vide, Private Division, la filiale de Take-Two Interactive qui s’occupe des petits studios indépendants, annonce Tales of the Shire pour 2024. On savait depuis plus d’un an qu’ils travaillaient sur un jeu dans l’univers du Seigneur des Anneaux, on sait désormais que ce sera dans les pattes poilues d’un hobbit… et c’est à peu près tout. Ils promettent un jeu « réconfortant », ce qui nous fait une belle jambe. Un jeu narratif ? De gestion ? Mais arrêtez, puisqu’on vous dit qu’on n’en sait rien ! Allez, histoire de ne pas vous laisser partir sans infos intéressantes, sachez que ce sera le premier jeu en propre de Wētā Workshop, une boite pourtant mondialement célèbre pour ses effets spéciaux et de post-prod (la trilogie de Peter Jackson, District 9… etc.), et que sa division numérique Wētā Digital a été rachetée par Unity en 2021. Logique, puisque son nom signifie « Dieu des choses laides ». P.

Bethesda repousse les limites du possible

Stoppez les rotatives : Bethesda semble avoir... je n'en crois pas mes yeux... écouté les lamentations de son public. Le développeur américain annonce donc qu'un patch pour Starfield corrigera certaines des bethesdouilles les plus flagrantes du jeu. Seront ainsi rajoutés le support du DLSS, un réglage du FOV, un menu de calibration pour le HDR et des curseurs permettant de modifier le contraste et la luminosité de l'image. Les possesseurs d'écran ultra-large (format 32:9) devraient enfin pouvoir jouer dans de bonnes conditions, et il y aura même un bouton pour manger directement la nourriture, sans avoir besoin de passer par l'inventaire. La date de sortie de ce patch salvateur n'est pas encore connue, mais ne brusquons pas Bethesda : une telle décision a dû leur demander tellement de courage qu'ils doivent être épuisés. A.

J'ai déjà acheté mon casque de chantier

Nous avons eu The Sims et House Flipper, nous aurons bientôt Life by You et Paralives, mais une chose est certaine : personne ne se plaindra d'avoir un nouveau jeu d'architecture/décoration d'intérieur. Hometopia sera peut-être l'inattendu challenger de cette fin d'année, puisque contrairement à ses concurrents, il se focalise uniquement sur cet aspect. Il faudra y bâtir une maison à partir de zéro, puis l'aménager du jardin au grenier, en solo ou en coop'. Sans gestion des habitants, sans contraintes liées au gameplay, ce simple « simulateur de construction », comme il se présente, a l'air fantastique. Une première version anticipée devrait être disponible fin septembre. A.

Sur les Sims du désespoir

C'est sur son blog (hahaha il a encore un blog en 2023, quel loser !) qu'Electronic Arts nous l'apprend : Les Sims 5 (actuellement développé sous le nom de code « Project Rene », sans doute en hommage à la triste mélancolie de Châteaubriand, que j'éprouve à chaque fois que je lance un jeu EA) sera gratuit. Et non seulement vous pourrez y jouer gratuitement, mais il ne proposera pas non plus de mécanismes d'« énergie », ces systèmes fréquents dans les free-to-play qui vous permettent de commencer gratos mais vous obligent rapidement à passer à la caisse si vous voulez continuer à progresser. Mais comment EA va-t-il se faire de l'argent, allez-vous me demander, inquiets à l'idée que les actionnaires ne puissent nourrir leurs enfants ? Eh bien, en vendant une tétrachiée de packs de contenu bien sûr, comme toujours. LFS.

Unity droit dans le mur

Après avoir augmenté ses prix en 2022, fusionné avec une obscure boîte spécialisée dans la pub et licencié un paquet d'employés, Unity continue son processus d'autodestruction. Le créateur du moteur 3D le plus populaire du monde vient d'annoncer un changement de son modèle tarifaire. Dorénavant, les studios seront facturés jusqu'à 20 centimes à chaque installation d'un jeu Unity, à partir du moment où ils dépassent un certain seuil – par exemple 200 000 dollars de revenus et 200 000 installations pour les utilisateurs de l'édition Plus et Personal d'Unity. C'est un carnage sur les forums spécialisés et les réseaux sociaux, tous les développeurs sont en train d'expliquer qu'ils vont passer sur Godot ou Unreal Engine. Le responsable de cette brillante décision ? John Riccitiello, PDG d'Unity, et ancien PDG d'Electronic Arts. Il n'y a pas de hasard. A.

(news éditée à 17h35, Unity a fait marche arrière concernant les installations multiples par un même utilisateur)

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