Depuis ma dernière expédition bois, qui m'a amené à taper sur des arbres avec une hachette pendant dix minutes, le four à minerai ronronne de contentement. Il emplit notre petite cabane d'une douce chaleur et je me demande si je ne vais pas faire un petit break. Après tout, ça fait sept heures de suite que je joue à Rust et, avec mes deux compagnons, nous avons déjà accumulé tant de matières premières que le sol de notre 3 m² en fond de vallée est couvert de coffres rudimentaires et de sacs de couchage. Au loin, j'entends une ou deux flèches siffler dans l'air : mes amis partis chasser le sanglier à l'arc ont dû croiser le dîner de ce soir. Je me tâte à quitter le jeu quand, toc-toc-toc, on frappe à notre porte. Je vais ouvrir en pestant contre mes potes qui ont oublié leur clé – alors que crafter une serrure a été notre première priorité – et je me prends un coup de lance dans le crâne ainsi qu'une hache dans le buste pendant que sept nudistes se ruent dans la cabane. En vingt secondes, les coffres sont vidés, les sacs de couchage (qui permettent de réapparaître à la maison quand on meurt) réduits en lambeau et, pour faire bonne mesure, on se retrouve exproprié par un nouveau verrou posé sur la porte. Lorsque je réapparais sur une plage à l'autre bout de la carte, une chose est sûre : impossible de me déconnecter maintenant que tout est à recommencer – maintenant qu'il y a une revanche à prendre.