Développeur : Mohawk Games (États-Unis)
Éditeur : Mohawk Games
Plateformes dispo : Windows, macOS
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 10 Go
Date de sortie : 05/05/2021
Langue : anglais
Prix : 33 €
Après son passage chez Firaxis comme lead designer de Civilization IV, l'Américain Soren Johnson est devenu une petite rockstar dans le petit monde du 4X. Installé à son compte depuis 2013, il s'est rappelé aux souvenirs des joueurs avec l'excellent (et très austère) Offworld Trading Company. Mais tout le monde se doutait bien qu'il voulait faire son Civ' à lui. Qu'il voulait se mesurer à son idole retraitée, Sid Meier. Le résultat s'appelle Old World.
Le changement dans la continuité.
Nul doute que Soren Johnson, après avoir bossé près d'une décennie sur Civ' III et Civ' IV, avait plein d'idées dans le crâne pour améliorer la recette. Ça se sent tout de suite. On a même l'impression qu'il s'est donné pour objectif de tout changer... sans rien changer. Je m'explique. En pratique, vous allez jouer à Old World comme à un Civilization. C'est toujours un tsunami de petites décisions stratégiques auxquelles n'importe quel vétéran du 4X a déjà fait face des milliers de fois. Est-ce que j'utilise mes ressources pour attaquer Babylone, ou pour créer une nouvelle ville sur la côte ? Est-ce que je spécialise cette cité dans la science ou dans la production d'unités militaires ? Tous les mécanismes habituels du 4X historique sont là, bien alignés, bien sages, tirés au cordeau par l'ami Soren qui a passé des milliers d'heures à réfléchir au sujet. Mais parce qu'il voulait faire son Civ' bien à lui, il a chamboulé les détails. Par exemple, il a changé le système de déplacement des unités, avec un pool partagé de « points d'ordres » assez malin. Il a mis en place un système bizarre de cartes à l'arbre technologique. Il a saupoudré un peu de Crusader Kings avec une gestion des héritiers, des personnages de la Cour, des ambitions. Il a ajouté des tas de ressources et modifié la façon dont elles s'exploitent pour développer les villes.Soren Jonhson a refait la peinture du couloir, mais on habite toujours le même appart'.
Étape 1 : la lecture d'infobulles.
C'est bien beau tout ça. On salue l'effort. Le problème, c'est que le joueur aussi doit faire un effort. Les cinq ou six premières heures de jeu ont été consacrées à la lecture d'infobulles, qui apparaissent en cascade sur plusieurs niveaux. Il faut cerner ce que le père Johnson a modifié, et comprendre l'utilité précise, pratique, optimale d'une foule de ressources – culture, entraînement, ordres, légitimité, pierre, fer, bois, charisme, point de civisme... Il y a donc un gros travail de débroussaillage, qu'aucun tutoriel ne vient adoucir. Alors bien sûr, travailler un peu pour comprendre comment s'articulent ces modifications n'est pas un défaut en soi. Cela fait même partie du plaisir d'un 4X. Mais j'ai été un poil déçu d'accomplir tout ce boulot pour, finalement, me rendre compte que ces transformations n'apportaient rien de vraiment neuf. Old World n'est ni révolutionnaire, ni très original. Soren Johnson n'a pas dynamité les murs. Il a refait la peinture du couloir, changé la couleur des coussins du canapé, mais on habite toujours le même appart'. Même la gestion des personnages « à la Paradox », dont j'attendais beaucoup, est finalement bien superficielle. Old World n'est pas l'enfant divin que Civilization aurait pu avoir avec Crusader Kings.