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Genre : survival horror
Développeur / Éditeur : Capcom (Japon)
Plateformes dispo : Windows, PS5, Xbox Series, Switch 2
Plateforme test : PS5
Téléchargement : 72 Go
Date de sortie : 27/02/2025
Langue : français intégral
Prix : 80 €
Resident Evil Requiem se présente d’emblée comme un jeu qui se divise en deux parties – il y a une partie dédiée à l’horreur pure, celle qui vous fera sursauter en entendant le bruit de votre propre respiration et vous contraindra à ramper dans des conduits étroits en craignant qu’un ennemi ne fasse son apparition au détour d’un virage, sans rien d’autre qu’une bouteille vide et un couteau de fortune dans votre inventaire. C’est celle où vous incarnez Grace Ashcroft, une analyste pour le FBI plutôt habituée à remplir des rapports et à scruter des tableurs Excel (une autre forme d'horreur) qu’à massacrer des zombies à grand renfort de fusil à pompe, qui se retrouve contrainte d'enquêter dans un hôtel où sa mère a été mystérieusement assassinée quelques années plus tôt. L’autre partie est dédiée à l’action jouissive et décérébrée, où il sera successivement question de tirer sur des cerbères infectés tout en traçant sur une moto, de massacrer des zombies à la tronçonneuse, de manier des pistolets surpuissants qui peuvent perforer le crâne d’un ennemi gargantuesque en une seule balle. Dans cette partie, vous incarnez l’un des héros emblématiques de la franchise, Leon Kennedy, ancien policier devenu agent pour le gouvernement américain, 28 ans après les événements de Resident Evil 2. Il est désormais âgé de 51 ans, et son character design a été savamment étudié, à la ride près, par des développeuses de Capcom, lesquelles ont mis un point d'honneur à ce que ce dernier arbore le physique d’un « oncle sexy ». C’est une réussite.

Le coup de Grace

Le jeu recommande la vue à la première personne pour Grace, et à la troisième personne pour Leon. C’est ce que j’ai choisi pour ma partie, même si je dois avouer que j’aurais préféré que ce soit une option par défaut : j’aimais bien le parti-pris très assumé de Resident Evil 7 : Biohazard, qui faisait subitement passer la franchise à la vue à la première personne, nous mettant presque dans la peau d'un personnage de film d’horreur. Mais il faut bien avouer que la juxtaposition de ces deux types de gameplay, qui donnent tantôt l'impression de jouer à Biohazard et Village, tantôt à Resident Evil 4, fonctionne à merveille. Il n’y a rien de plus agréable, après avoir passé des heures à se faire traquer comme une proie et à crapahuter parmi des ennemis terrifiants pour récupérer un pauvre fusible, que de ne faire ensuite qu’une bouchée de ses ennemis et commettre une tuerie de masse dans toutes les pièces qu'on traverse. À l’inverse, le jeu sait aussi se montrer terrifiant à nouveau quand il nous replace dans la peau de Grace, même si cette dernière s’endurcit progressivement au fil de l’aventure.

Requiem constitue un excellent épisode-somme de la franchise.

Requiem étale son impeccable sens du rythme en vous plaçant dans des lieux très variés, parfois seulement le temps d'une scène : vous allez notamment arpenter les rues grouillantes de vie de Wrenwood, avec son métro aérien et ses vendeurs de hot-dogs, avant de vous enfoncer dans les salles obscures d'un hôtel désaffecté et de découvrir, dans un état de sidération totale, la ville de Raccoon City complètement dévastée. Avec Grace, il faudra souvent résoudre des énigmes et vous cacher de créatures difformes contre lesquelles vous serez totalement démuni. Il faudra aussi courir comme un dératé à la recherche d'un interrupteur pour allumer la lumière, économiser vos ressources, raser les murs en passant dans une salle à manger où des zombies s'adonnent à un festin. Avec Leon, il sera plutôt question de donner des coups de pied dévastateurs à des infectés armés de mitraillettes qui tirent de manière complètement imprévisible et erratique, de défoncer des placards à la hache, d'observer les cadavres s'empiler dans des intérieurs cossus. Il y a aussi des moments franchement géniaux, qui vous amèneront à vous frayer un chemin dans un immeuble penché qui semble sur le point de s’effondrer, et à tirer sur des surfaces en verre pour faire tomber des ennemis dans le vide. Le bestiaire et l'arsenal d'armes sont variés, les personnages secondaires particulièrement exubérants, et les morts extrêmement sanglantes.
Deux salles...
... deux ambiances.

Réaction épidémique

En réalité, je n'ai pas grand-chose à reprocher à Requiem, qui compile vraiment tout ce que j'aime dans la franchise et constitue un excellent épisode-somme, à part de reposer un peu trop sur ses acquis. Oui, le jeu est magnifique (le RE Engine est toujours aussi convaincant, les environnements sont sublimes, les cheveux des personnages flottent gracieusement autour de leur tête), il y a des phases scénaristiques tellement tordues qu’elles en deviennent hilarantes, des fabuleux moments de tension passés à compter son nombre de balles, d’autres à décharger un lance-roquette sur un ennemi qui fait la taille d’une montagne en faisant comme si demain n’existait pas. Certaines scènes m'ont même touchée en plein cœur, alors que je n'attendais pas du tout le jeu sur ce tournant. Le personnage de Grace est très bien écrit, Leon continue de transpirer le cool, et j'ai passé quinze heures à m'amuser comme une petite folle.

Je me doute bien que les développeurs ne peuvent pas opérer un changement de paradigme pour la licence à chaque épisode (après tout, ils l’ont déjà très bien fait avec Resident Evil 4 et Biohazard), mais dans l'ensemble, Requiem manque un brin d'innovation, et certaines scènes vous laisseront avec un petit sentiment de déjà-vu. En cherchant à contenter tous les fans de la franchise, à réunir à la fois ceux qui aiment avoir peur et ceux qui aiment les festivals d'hémoglobine, il manque peut-être parfois un peu de radicalité. Si vous êtes un habitué de la série, vous connaissez déjà les séquences de laboratoire avec différents niveaux de sécurité, les combats contre des boss aux répliques grandiloquentes, les moments où vous restez tapi dans l'ombre en priant pour qu'un ennemi ne vous entende pas. Et vous savez quoi ? C’est déjà vachement bien.

Notre avis

Ellen Replay le 25 février 2026

| Modifié le le 25 février 2026

Il y a tout ce que j'aime dans Resident Evil Requiem. Des scènes d'action over the top. Des moments de terreur pure. Leon Kennedy. Des infectés qui cumulent un nombre alarmant d'anomalies pathologiques. Leon Kennedy. Des environnements intérieurs dont chaque moulure semble avoir été façonnée par un petit artisan. Je me suis rarement sentie aussi caressée dans le sens du poil.