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Jeu: Road Redemption
Genre: course, action
Developpeur: Pixel Dash Studios (États-Unis)
Editeur: EQ Games
Plateformes dispo: PC Windows, Mac, Linux
Plateforme test: PC Windows
Langues: textes en français approximatif
Config: PC de joueur
Telechargement: 3 Go
Prix: 20 €
Drm: Steam
Date de sortie: 20171004
Alors oui, désolé, on peut effectivement continuer à accélérer quand la main droite du pilote est occupée à tabasser un autre motard mais entre nous, dans un jeu où les conflits se règlent à coups d'épée et de lance-grenades, j'ai décidé de ne pas faire la fine bouche. Kickstarté à hauteur de pas mal de brouzoufs (amis comptables, ça fait environ 173 803 brouzoufs américains), Road Redemption entend être le fils spirituel de Road Rash. Pour les plus jeunes, il s'agit d'une série de jeux de courses à moto sortis chez Electronic Arts dans les années 1990, où arriver premier importait moins que de laisser ses adversaires pour morts sur le bas-côté après une bonne correction à coups de chaîne dans la face. Le studio Pixel Dash, sûrement nostalgique de cette époque où tout était plus simple avec une batte cloutée dans les mains, s'est donc attelé à une relecture contemporaine des titres d'Electronic Arts.

Un chaos désorganisé d'abrutis qui se mettent sur la face à coups de pelles et de machettes.

Rôde Rage.

Jeu d'arcade un peu perdu dans notre monde moderne, Road Redemption se plie aux règles d'aujourd'hui et propose une structure que l'on pourrait qualifier de « rogue-likesque », avec tout ce que cela implique de morts définitives, bonus à débloquer et autres améliorations permanentes pour évoluer au fil des parties. Contrairement à nombre de ses contemporains, il ne vous enverra pas fouiller grottes et châteaux mais vous larguera à tombeaux ouverts sur des kilomètres d'asphalte avec des missions aussi rudimentaires que « finis premier de la course », « abats le chef du gang rival » ou tout simplement « survis jusqu'à la fin de ton trajet ». Des missions facilitées par la présence d'un arsenal de coups et d'armes en tous genres, indispensable pour transformer ses adversaires en petits tas de pulpe humaine. Old school jusqu'au bout des bottes (vous en connaissez beaucoup des jeux sortis en 2017 qui proposent de jouer à quatre en écran splitté ?), Road Redemption refuse la dictature des inventaires limités à deux armes et propose très vite de porter simultanément tasers, pelles, épées, fusils ou bombes à retardement dans sa petite besace. À côté de tous ces jouets amusants, notre aigle de la route peut également attraper ses petits copains par le col pour leur exploser le crâne contre le tableau de bord ou leur mettre des petits coups de pied vicieux, par exemple pour les envoyer contre un camion de marchandises qui débarque à toute berzingue en sens inverse à la sortie d'un virage.

Bécane et yeux brouillés.

Malgré sa dégaine de jeu terriblement bourrin et idiot au premier abord, il vaut mieux faire preuve d'un peu de stratégie au fil des missions si l'on veut survivre, puisque crever sur le bitume signe la fin de la partie. Les ennemis qui possèdent un casque doivent d'abord être décoiffés à coups d'armes contondantes pour ensuite pouvoir les décapiter à l'arme blanche et ainsi doubler sa récompense en vie et en nitro. De la même manière, certains motards rapportent d'énormes bonus d'argent ou de vie et devront être éliminés en priorité. Enfin, l'utilisation d'armes explosives demande un minimum de doigté, puisqu'il n'est pas rare de fixer un pain de C-4 sur un biker ennemi puis de voir ce dernier nous coller aux basques en espérant nous emporter avec lui dans l'explosion. Et tout ça, il faut y réfléchir à 200 km/h sur des voies sinueuses et bondées, au milieu d'un chaos désorganisé d'abrutis qui se mettent sur la face à coups de pelles et de machettes. Il est d'ailleurs fréquent de se prendre un mur, une voiture ou de se jeter allégrement dans un fossé à cause d'un manque d'attention pendant une bastonnade.

Moto, Bourreau, Hosto.

Je vous parlais plus haut des affinités de Road Redemption avec la plâtrée de rogue-like qui fleurissent depuis quelques années sur Steam et il n'échappe pas à la mode. Après chaque mission, l'argent récolté servira à racheter de la santé, mais également améliorer ses armes ou s'acheter une vie supplémentaire. Comme de bien entendu, on passera également par un arbre d'améliorations permanentes qui vont de l'augmentation des gains d'argent et d'expérience à une nouvelle moto ou la possibilité de démarrer chaque partie à des niveaux avancés. Le seul souci de Road Redemption, finalement, est sa finition. Et pour un jeu qui a passé autant d'années dans les limbes de l'early access de Steam, ça la fout mal. La physique est parfois aux fraises, les chargements un peu longuets et la traduction particulièrement savoureuse – les motos sont appelées vélos, ce qui me fait beaucoup rire. Même si les missions manquent de variété et se répètent beaucoup, allez comprendre, impossible de le lâcher. Parce que malgré ses défauts, malgré sa répétitivité ou ses petits bugs (et quelques bien plus gros mais vite réparés), je m'y amuse comme un petit fou. Et comme le disait Confucius : « Si c'est répétitif mais que c'est chouette, ben c'est pas si grave, dans le fond. »

Notre avis

Pipomantis le 12 octobre 2017

| Modifié le le 25 mai 2021

Encore un peu cassé, visiblement traduit avec le sérieux d'un enfant de huit ans en montée de sucre à Disneyland, et un peu répétitif sur les bords, Road Redemption reste toutefois un jeu d'arcade rigolo et défoulant que je compte bien relancer régulièrement dans les mois à venir.