Développeur : Mimimi Games (Allemagne)
Plateformes dispo : Windows, PS5, Xbox Series
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 25 Go
Date de sortie : 17/08/2023
Langues : anglais sous-titré en français
Prix : 40 €
Après les samouraïs (Shadow Tactics) et les cow-boys (Desperados 3), Mimimi Games aurait pu facilement embrayer sur d’autres civilisations tout aussi sérieuses et populaires : les Vikings, la Rome ou l’Égypte antique, le Puy du Fou. Mais nos joyeux lurons allemands ont opté pour une ambiance Pirates des Caraïbes, magie et humour inclus. Alors : jambe de bois ou poulie d’or ?
Dans ce contexte mauvais pour la chasse aux trésors, un vaisseau fantôme, le Red Marley, fait appel à Afia Manicato, une pirate égarée, dont le sabre niché en travers de la cage thoracique indique sa qualité de maudite. La nouvelle navigatrice va devoir reconstituer l’équipage ainsi que retrouver le capitaine et son trésor tombés aux mains de la grande Inquisitrice.
Belle-Île-en-Mort.
La première mission est semblable à celle du camion de l'équarrissage : ramasser des cadavres. Ceux de nos futurs collègues de bord, pour ensuite les ramener à la demie-vie à l’aide d’ingrédients magiques récoltés en mission. Comment ça « quelles missions ? », le mousse ? Eh bien, celles où l’on s’infiltre sur des îles belles à tomber le cul sur les moules, pardi ! Le tout en vue isométrique rotative à 360°, avec une liberté d’approche pour contourner, assommer ou trucider nos ennemis à l’aide des capacités combinées de chacun des flibustiers. Sous le soleil des Antilles capitalistes, la pause active est la reine des situations délicates. On planifie les actions de chacun, on presse Entrée, puis on contemple, béat, la chorégraphie précise des exécutions. Ou le fiasco retentissant de la négligence : ce garde qui, du haut d’un talus, a tout vu, et agite déjà sa cloche.L’équilibrage au poil de Barberousse permet d’éviter les abus.
Merlu l’enchanteur.
D’abord, même si le casting est étendu à huit personnages (contre cinq dans les précédents jeux), on ne peut en sélectionner que trois par mission. Ensuite, en offrant à mon cerveau des solutions plus variées et arrangeantes avec la réalité, ce dernier a besoin de plus de travail pour analyser toutes les issues possibles. Enfin, l’équilibrage au poil de Barberousse permet d’éviter les abus. Les capacités puissantes, à une précieuse seconde ou décibel près, ne sont pas utilisables systématiquement. Il faut ajouter à cela quelques nouveaux types d’ennemis plus retors. Les couples d’Appariés, liés par la conscience, et qui requièrent une neutralisation simultanée quelle que soit la distance qui les sépare. Les Prognosticars, eux, déjouent carrément les ruses de diversions, pourtant fondamentales. Il faut en plus leur tomber dessus à deux, sous peine de se faire tordre le bras.
Les tout petits grains de sable.
On note toujours un souci de clarté lorsqu’on tente de planifier deux actions d’affilée. Le combo « neutralisation + dissimulation du corps », bien utile, ne semble en effet fonctionner qu’avec l’attaque basique de chaque personnage. Du moins, c’est ce que j’en ai déduit à l’usage. Sur la possibilité nouvelle de réanimer un compagnon tombé, auparavant synonyme de game over immédiat, je reste sceptique. Au-delà du plaisir maniaque de finir une mission sans déclencher d’alertes, il reste bien plus simple de recharger sa partie d’un coup de F8 que de tenter de rattraper une situation qui tourne au vinaigre. Disons que cela permettra aux moins patients de tenter des passages en force, sans grâce.La densité ennemie est parfois proche de celle d’un banc de maquereaux.
Morue-Galante.
Niveau level design, on comprend vite que la taille des neuf îles, qu’on visitera plusieurs fois, n’a rien à voir avec leur difficulté. On passe facilement plus de temps à nettoyer un fort modeste qu’à traverser une immense plage semée de palmiers. Même si la possibilité est ouverte, on ne les explore que rarement en entier lors d’une seule mission, tant elles sont vastes. L’effet de grandeur est plutôt saisissant lorsque, au bout d’une intense quête de plus d’une heure, concentré à fond, on réalise qu’on a parfois foulé seulement un quart du territoire. Il faut dire que la densité ennemie est parfois proche de celle d’un banc de maquereaux, la stratégie d’attaque du Fou de Bassan n’étant cependant pas recommandée. L’agencement des environnements magnifiques, au style subtilement cartoonesque, parvient à paraître naturel. Même lorsqu’on sait que chaque palmier a été placé là par un professionnel avec un échiquier à la place du cerveau.