À défaut d’avoir offert au monde des jeux très réussis, Spiders a jusqu’à maintenant toujours mis dans ses productions maison beaucoup d’amour et d’ambition. Greedfall, le prochain jeu de rôle du studio parisien, ne fait pas exception à la règle. Dans un monde (imaginez l’Europe du XVIIe siècle) qui, à force d’avidité, arrive au bout de ses ressources naturelles, l’humanité découvre une nouvelle île, riche de promesses et de mystères. Dans la peau du neveu ou de la nièce (vous en déciderez au moment de la création de votre personnage) d’un riche marchand, vous accompagnez votre cousin, qui vient d’être désigné gouverneur d’une colonie sur l’île (niveau dimensions, il faut imaginer l’Islande plutôt que Bréat), et voilà hop, vous allez faire votre vie, vos choix, vos décisions, vivre vos amourettes et vos meurtres. Alors vous l’avez compris, cette fois-ci, Spiders a compris que son truc c’était l’histoire. Ouste donc le monde ouvert, au profit d’un système plus cadré et propice au scénario plein d’embranchements. Le studio a continué de raffiner son moteur et compte s’en servir pour nous offrir un jeu de rôle en vue à la 3e personne, où il devrait être possible de venir à bout d’une même quête de plein de manières différentes, qui incluent la meule, mais aussi le savoir, le charisme ou la trahison. Le sous-texte écologique est déjà mis en valeur par une direction artistique aux petits oignons, couchers de soleil façon toiles baroques et créatures shamaniques des forêts magiques. Sur le papier, cela fait très envie, on croise les doigts pour que l’alchimie prenne.