En 2014, The Last Night était un très joli petit jeu de game jam en pixel art, proposant une esthétique cyberpunk à la fois classique et légèrement modernisée. On était tombé sous le charme, et puis on avait découvert le compte twitter rempli de déclarations pro-Gamergate de Tim Soret, son développeur. À ce moment, on avait ressenti le genre de léger pincement au cœur que l'on peut percevoir quand, en rentrant un peu plus tôt que prévu à la maison, on surprend sa moitié au lit avec quelqu'un d'autre. En 2017, The Last Night est devenu un magnifique « jeu de plateforme cinématique » (une façon comme une autre de dire qu'on y saute finalement assez peu sur des plateformes) présenté aux conférences Microsoft et PC Gaming Show. Des éclairages fabuleux mettent en valeur la magnifique direction artistique cyberpunk, les personnages bougent bien... Et puis on a lu le synopsis parlant des méfaits du progrès social, on est retombé (comme beaucoup) sur des tweets anciens et d'autres beaucoup plus récents, et de nouveau, notre cœur s'est brisé. Les excuses récitées par Tim Soret lors du PC Gaming Show comme le communiqué de presse malhabile de son éditeur n'y font pas grand-chose : même si Soret affirme avoir changé, difficile de séparer l'auteur de son jeu. Lui-même affirmait d'ailleurs il n'y a pas si longtemps que The Last Night lui servirait à présenter des sujets qui lui tenaient à cœur. On croise quand même les doigts pour que ça ne tourne pas complètement au Désiré bis.