Développeur : Lavapotion (Suède)
Éditeur : Coffee Stain Publishing
Plateformes : Windows, macOS
Téléchargement : 2,7 Go
Sortie prévue : mi-2023
Langues : anglais sous-titré en français
Prix actuel : 30 €
Voilà plus de deux ans que nous bavons ensemble devant Songs of Conquest, son tour par tour savoureux, son univers féérique, son pixel art d’orfèvre. Deux ans que l’on rêve d’enfin poser nos mains moites d’excitation sur le digne successeur des vieux Heroes of Might & Magic. Aujourd’hui, je suis heureux de vous dire que notre patience a été récompensée.
Ce sens de l’aventure, cette joie de l’exploration qu’on pouvait ressentir dans les vieux HOMM.
L'âge des merveilles.
Songs of Conquest se compose de trois volets, tous très bien réalisés : d’abord l’exploration vue du dessus d’une carte sublime, faite d’un pixel art aux petits oignons nimbé d’une superbe lumière. Là, rien à redire, on nage dans le bonheur en permanence grâce au bon milliard de bâtiments isolés, coffres à trésor et tours en ruine qui récompensent le furetage. Puis il y a tout un système de gestion de ville : c’est en capturant ces rares cités qu’on produit les ressources et les unités nécessaires à l’annihilation de l’ennemi. Comme dans les vieux jeux du genre, c’est une suite de dilemmes épineux type « si je construis le corral maintenant, je pourrai produire des chevaucheurs des marais dès le prochain tour mais je n’aurai pas assez d’or pour améliorer ma caverne à dragons ». Des questionnements rendus plus délicats encore par le manque de place, car tous les bâtiments ne pourront pas être construits.Enfin il y a le dernier volet : d’agréables combats sur un damier d’hexagones, où deux armées s’affrontent au tour par tour. Leur fonctionnement est très classique et donc irréprochable, même si j’ai été déçu que le système d’essences, vanté par le studio comme donnant accès à des types de magie différents selon les unités commandées, ne soit pas plus ambitieux : par exemple, si l’on dirige des spectres morts-vivants, les sorts des arcanes deviennent disponibles, mais si l’on dirige également des rats pestiférés, on débloque aussi la magie de la destruction, et ça ne va pas plus loin.
Rana fout’
Le jeu ne contient que quatre factions, mais étonnamment elles réussissent à couvrir une grande partie du spectre du médiéval-fantastique. Les Ranas ne dirigent certes que des bêtes des marécages et des batraciens armés de lances, tandis que la baronnie de Loth se concentre sur les morts-vivants et les prêtres hérétiques. Mais les chevaliers aussi étincelants que cruels de l’empire d’Arleon sont alliés avec les fées difformes des marais, tandis qu’à Barya les hommes du désert arrivent à ratisser plus large encore avec une combinaison de guerriers orientaux et d’inventeurs d’engins destructeurs.