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Genre : action
Développeurs : Leonard Menchiari, Flying Wild Hog (Pologne)
Éditeur : Devolver Digital
Plateformes dispo : Windows, PS4/5,  Xbox One/Series
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 10 Go
Date de sortie : 05/05/2022
Langues : japonais sous-titré en français
Prix : 20 €
S'il pâtit forcément un peu de la comparaison avec Ghost of Tsushima, Trek to Yomi constitue une proposition radicalement différente. C'est un jeu de samouraï essentiellement centré sur le combat, qui se partage entre des phases en défilement horizontal et quelques moments d'exploration en 3D, avec trois modes de difficulté qui font passer le jeu du film interactif à l'expérience un peu plus corsée. C'est effectivement aussi un jeu qui donne l'impression de vivre dans une œuvre d'Akira Kurosawa, quelque part au croisement de La Forteresse cachée, des Sept Samouraïs et du Garde du corps : on y incarne Hiroki, un samouraï en devenir confronté à un événement tragique, qui doit choisir sa propre voie. Ça paraît ultra classique dit comme ça, avec une structure narrative très classique – et c'est un sentiment que viennent souvent renforcer les autres personnages, qui s'expriment presque exclusivement avec des phrases type « La mort fauche les étourdis » ou « La détermination et la discipline suffisent à déplacer des montagnes ». Mais l'histoire réserve quand même son petit lot de surprises, de moments inspirés et d'éléments surnaturels.

Du village en feu aux entrailles de Yomi, le jeu enchaîne les décors superbes.

Le temps des cerisiers.

D'un point de vue visuel, le jeu est très joli et donne vraiment l'impression d'évoluer dans un vieux film japonais des années 1960 : quand ça marche bien, on s'émerveille devant la beauté des plans de caméra fixe, qui laissent entrevoir des petites branches de cerisier, la silhouette d'Hiroki parfaitement cadrée dans la crevasse d'un rocher ou la pleine lune qui se dessine en arrière-plan. Quand ça marche moins bien, surtout pendant les phases en 3D, on soupire en voyant son personnage se coincer lamentablement contre un mur ou se pencher en avant pour reprendre son souffle. Heureusement, ça n'arrive pas très souvent (à vrai dire, tout dépend surtout de votre capacité à jouer sans foncer tête baissée dans des murs et à gérer votre jauge d'endurance durant les combats), et le jeu enchaîne les décors superbes, nous entraînant successivement dans un village en feu, dans des grottes labyrinthiques et dans les entrailles de Yomi, le royaume des morts. Chaque zone est ponctuée de petits sanctuaires, qui permettent de recharger sa vie ou de sauvegarder sa progression et ne sont utilisables qu'une seule fois. Le problème : il y en a tellement que c'est à la fois un avantage et un inconvénient (je dis ça parce que je suis contractuellement obligée de ne plus écrire « c'est un jeu qui a les défauts de ses qualités », tout comme je n'ai plus le droit de faire des intertitres qui comportent des jeux de mots sur La Carte et le Territoire) : ça permet d'éviter de se retaper inlassablement la même phase en cas d'échec, mais ça participe également à ne jamais trop se sentir en danger.

Point clair-obscur.

En dehors de sa direction artistique impeccable, le jeu oscille entre l'exploration (il y a tout un tas d'objets à collectionner et d'améliorations cachées dans des zones secrètes), la résolution d'énigmes (même s'il faut avouer que c'est toujours la même, déclinée en plusieurs fois) et le combat. Pour se battre, le personnage dispose d'un katana, mais aussi de plusieurs armes à distance : un arc, des bo-shurikens et un ōdzutsu, sorte de pistolet à canon porté par des samouraïs pendant l'ère Edo qui prend des plombes à charger mais inflige des dégâts dévastateurs. Les mécaniques sont assez classiques : le katana peut infliger des coups rapides ou des attaques chargées qui brisent la garde des adversaires, et une parade effectuée au bon moment peut permettre de glisser une contre-attaque. Les ennemis varient aussi très légèrement, mais de manière générale, il faudra souvent se frotter à un samouraï au nez coupé et aux nombreux bandits qui lui ont prêté allégeance. Plutôt chouettes au début, les combats s'avèrent malheureusement vite répétitifs à la longue (la campagne s'étale sur à peu près six heures, soit deux bons films de Kurosawa mis bout à bout), quel que soit le mode de difficulté choisi. Il existe bien une poignée de combos à débloquer au fil de l'aventure, mais rien qui n'encourage vraiment à s'affranchir de l'attaque chargée, de loin la plus efficace – et la plus cinématographique, on ne se refait pas.

Notre avis

Ellen Replay le 5 mai 2022

| Modifié le le 16 mai 2022

Trek to Yomi est un magnifique film de samouraï, qui pèche un peu lorsqu'il s'éloigne de sa dimension cinématographique. Ses combats et ses énigmes sont franchement répétitifs au bout de quelques heures, et ses phases en 3D pas toujours très réussies – mais il promet quand même de nombreux moments d'émerveillement, rien que pour sa direction artistique soignée.