Développeurs : Leonard Menchiari, Flying Wild Hog (Pologne)
Éditeur : Devolver Digital
Plateformes dispo : Windows, PS4/5, Xbox One/Series
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 10 Go
Date de sortie : 05/05/2022
Langues : japonais sous-titré en français
Prix : 20 €
| Modifié le le 16 mai 2022
Il y a cinq ans, Leonard Menchiari a eu une idée brillante : développer un jeu de samouraï avec un noir et blanc travaillé et des effets de clair-obscur somptueux, qui donneraient le sentiment d'évoluer dans un film d'Akira Kurosawa. Entre-temps, il a vu sortir Ghost of Tsushima (puis son mode « Kurosawa », qui permet de passer le jeu en noir et blanc) – et le pauvre est désormais obligé de répéter à chaque interview qu'il a eu l'idée avant.
Du village en feu aux entrailles de Yomi, le jeu enchaîne les décors superbes.
Le temps des cerisiers.
D'un point de vue visuel, le jeu est très joli et donne vraiment l'impression d'évoluer dans un vieux film japonais des années 1960 : quand ça marche bien, on s'émerveille devant la beauté des plans de caméra fixe, qui laissent entrevoir des petites branches de cerisier, la silhouette d'Hiroki parfaitement cadrée dans la crevasse d'un rocher ou la pleine lune qui se dessine en arrière-plan. Quand ça marche moins bien, surtout pendant les phases en 3D, on soupire en voyant son personnage se coincer lamentablement contre un mur ou se pencher en avant pour reprendre son souffle. Heureusement, ça n'arrive pas très souvent (à vrai dire, tout dépend surtout de votre capacité à jouer sans foncer tête baissée dans des murs et à gérer votre jauge d'endurance durant les combats), et le jeu enchaîne les décors superbes, nous entraînant successivement dans un village en feu, dans des grottes labyrinthiques et dans les entrailles de Yomi, le royaume des morts. Chaque zone est ponctuée de petits sanctuaires, qui permettent de recharger sa vie ou de sauvegarder sa progression et ne sont utilisables qu'une seule fois. Le problème : il y en a tellement que c'est à la fois un avantage et un inconvénient (je dis ça parce que je suis contractuellement obligée de ne plus écrire « c'est un jeu qui a les défauts de ses qualités », tout comme je n'ai plus le droit de faire des intertitres qui comportent des jeux de mots sur La Carte et le Territoire) : ça permet d'éviter de se retaper inlassablement la même phase en cas d'échec, mais ça participe également à ne jamais trop se sentir en danger.