La question à 40 000 balles

Comme les journalistes de Canard PC, les gens de Nintendo ont su rester simples et accessibles malgré le succès. Il n'y a pas de passe-droit, de traitement de faveur : arrosez-les simplement de billets, comme ce fan qui a acheté 40 000 dollars d'actions pour pouvoir participer à la réunion des actionnaires et poser sa petite question. L'actionnaire anonyme, qui se décrit comme un fan hardcore – tu m'étonnes – voulait savoir si l'entreprise envisageait de faire une suite à la licence F-Zero, une série dont aucun nouvel épisode n'a vu le jour depuis 15 ans. Les dirigeants de Nintendo lui ont répondu dans la foulée : « Merci d'avoir posé la question mais non. C'est vraiment difficile de développer des nouveaux jeux et des suites pour chaque titre Nintendo demandé par les joueurs. »  Si jamais vous avez 40 000 balles à claquer, est-ce que vous pourriez leur demander si un remake de Xenogears est envisageable un jour sur Switch aussi ? C'est pas pour un ami. N.M.

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Deux sexes dans la machine

D'après un type bien informé (Jeff Grubb, hein, comme d'hab'), Eidos Montréal serait bien chaud du slip pour proposer une suite à Deux Ex, surtout depuis que le studio a quitté le giron de Square-Enix pour aller folâtrer avec Embracer. D'après Jeff, il ne s'agirait encore que d'un vague projet, mais il y aurait (notez l'usage du conditionnel à chaque mot) une volonté de réaliser « ce que Cyberpunk 2077 n'a pas été capable de faire ». C'est un peu dégueulasse de tomber comme ça sur un jeu déjà à terre, et je serais Eidos Montréal, je commencerais par ne pas répéter les mêmes erreurs que CD Projekt, c'est-à-dire de commencer avec des grandes promesses qui seront fatalement rompues. D'autant que les deux précédents Deux Ex étaient sympa, hein, me faîtes pas dire ce que j'ai pas dit... Mais de là à faire de l'ombre au premier volet de 1999, il y a encore de la marge. De la grosse marge. N.M.

Square tourne pas rond

Ouais... Alors... Square-Enix a un peu expliqué sa stratégie derrière la vente de Cristal Dynamics et Eidos Montréal, ainsi que ses plans pour les prochaines années, mais je ne vais pas vous mentir, j'ai rien compris. Déjà, la vente de ces studios n'était que la première phase du plan - j'aime bien quand les méchants font des plans en plusieurs étapes. La deuxième phase consistera à se débarrasser de parts d'autres studios occidentaux pour concentrer l'allocation de ressources sur les jeux japonais. On apprend, par ailleurs, que les premiers studios ont été vendus parce que les jeux produits « cannibalisent les ventres d'autres jeux Square » (???).  Ensuite, il s'agira d'acheter d'autres studios (donc des studios japonais, j'imagine ?). Enfin, on apprends que Square a 1,4 milliards de dollars en banque et aucune dette, et qu'il n'y a donc pas, à priori, besoin de vendre quoi que ce soit pour acheter des studios. Le plus important, c'est qu'après cette annonce, les financiers étaient contents puisque l'action a bondi de 9%. Mon analyse : si les financiers sont contents, alors je suis content aussi. J'aime bien que les gens soient contents. N.M. 

Tencent mise sur Ubisoft

D'après quatre mecs proches du dossier, dont deux de la famille Barzini, un de chez Tataglia et même nos amis Caporeto de la Nouvelle-Orléans, Tencent aurait rencontré la famille Guillemot dans un hangar désaffecté du côté de Montréal pour discuter un peu du partage du territoire et proposer une offre : 100 euros pour des actions cotées 44 , afin d'être l'actionnaire majoritaire et prendre le contrôle du juteux trafic de jeux vidéo en Occident, et devenir ce qu'il convient d'appeler « le boss de deux mondes ». Tout ceci, pour l'instant, est à l'état de rumeur, même si, comme l'a précisé l'une des sources : « Un accord permettrait de ramener la paix entre les familles et de mettre fin à une guerre qui a déjà fait couler tant de sang et de larmes des deux côtés ». Yves « Il Bretoni » Guillemot n'a pas encore réagit. N.M.

Vamos a la plaion

Koch Media, le truc qui fait plein de choses mais on sait pas bien quoi (regroupement de studios, éditeur, distributeur), change de nom et devient Plaion, sans doute parce qu'ils étaient comme vous : ils n'en pouvaient plus de tous ces prétentieux qui prononçaient ça « KoRRRR Media » à la manière des gens qui rentrent de leurs vacances à l'île de Ré en se vantant d'avoir vu joué un « très joli récital de Jean-Sébastien BaRRRR » après avoir profité de Cyberpunk 2077, la dernière pépite de CD Proyyyyyeckt. Pour info, Plaion se prononce Play On, ne vous étonnez donc pas de nous voir le prononcer « playon » à chaque émission, un peu comme on dirait, en rentrant d'Andorre pour aller au Touquet : « Vamos à la playon ». N.M. 

Ça continue à se syndiquer dur chez papy Kotick. Après ceux de Raven Software, c'est maintenant au tour des employés du département QA de Blizzard Albany (ex-Vicarous Visions) de s'organiser pour s'assurer d'être traités avec respect durant leurs huit heures quotidiennes passées à cliquer sur Rakanishu pour vérifier que les éclairs sortent bien comme il faut. LFS
Un budget à l'E3

Si l'absence de l'E3 a été difficile pour tout le monde, car qui a envie de passer trois heures à regarder Geoff Keighley incrusté sur des décors 3D entre deux trailers du Summer Game Fest, elle l'a été encore davantage pour l'Entertainment Software Association. Fondé dans les années 1990 pour défendre l'industrie contre les attaques des ligues de vertu en pleins scandales Doom et et Mortal Kombat, ce lobby du jeu vidéo américain est par ailleurs organisateur de l'E3 et, sur l'année fiscale 2020-2021, a perdu 25 % de ses revenus en l'absence de sa vache à lait. Ce qui lui a tout de même laissé 30 millions de revenus, soit bien plus que le budget de l'amicale professionnelle des fabricants d'andouillette, dont les membres sont pourtant fort méritants. LFS

Permadeath

Vous n'avez sans doute jamais entendu parler de Robert Alan Koeneke ni de Moria. Il faut dire que ce dernier, dont Koeneke est le créateur, n'a pas eu la postérité du jeu dont il s'est inspiré, ni de ses descendants. Moria (1983) est en effet le premier clone de Rogue, le jeu de donjon aléatoire en Ascii de 1975. Moria lui-même a servi de source d'inspiration aux créateurs d'Angband (1990), l'un des rogue-like « purs » les plus célèbres et les plus joués encore aujourd'hui, mais aussi à l'équipe de Blizzard North lorsqu'elle travaillait sur le premier Diablo qui, rappelons-le, devait à l'origine être en tour par tour. C'est donc un personnage important de l'histoire du jeu vidéo qui disparaît aujourd'hui : Robert Alan Koeneke est décédé le 15 juillet dernier à l'âge de 64 ans. LFS

Mine d'or

Mojang Studios a publié un communiqué relatif à l'usage des NFT dans son jeu. Il s'agit pour l'essentiel d'un addendum aux conditions d'utilisation interdisant aux joueurs et développeurs tierce partie d'utiliser quelque technologie que ce soit en lien avec les NFT sur les serveurs du jeu, ainsi que de créer des NFT à partir de skins, mondes, mods ou n'importe quoi d'autre. On apprend également que, de son côté, Mojang « n'a pas prévu d'utiliser la blockchain dans Minecraft pour le moment » même si « il va continuer à suivre l'évolution de la technologie pour déterminer s'il est un jour possible d'en fait un usage plus sûr ». Bref, qu'il n'a pas encore trouvé comment en tirer du fric et, en attendant d'avoir une idée, préfère s'assurer qu'on ne lui coupe pas l'herbe sous le pied. LFS

Chauve qui peut

Si vous comptez encore parmi les incrédules, que dis-je, les infidèles, que dis-je, les traîtres à la patrie, qui ne prenez pas le métavers au sérieux et pensez qu'il s'agit uniquement d'un gimmick marketing complètement vide, sachez que les marques Mr Propre et Carrefour ont récemment fait la démonstration de leur espace virtuel publicitaire. Espace qui, et je suis très embêté en écrivant ça parce que vous allez me trouver ridicule, ressemble à un niveau bizarre de Hitman. On peut y explorer la maison de Monsieur Propre (qui ressemble à un grand espace parfaitement vierge et blanc, on se croirait chez ackboo) et même y prendre le contrôle du grand chauve baraqué qui, certes, est dépourvu de corde à piano mais peut surfer sur une éponge, ce qui est quand même assez cool. L'avenir, sans aucun doute. LFS

Version alpha Romero

John Romero, le cocréateur de Doom qui, tel Patrick Hernandez à qui des beaufs crient encore « Eh Patrick ! Born to be alive hahahaha » quand ils le croisent sur le marché, continue de vivre trente ans plus tard des rentes de son unique succès, va sortir un nouveau jeu. Si si. Arrêtant un instant de vendre des goodies Doom et des niveaux bricolés avec Doombuilder, il a annoncé travailler sur un FPS qui « utilisera l'Unreal Engine 5 » et collaborer avec « un éditeur important ». On ne sait pas grand-chose de plus sinon que, à en croire les offres d'emploi apparues sur le site de Romero Games qui mentionnent des programmeurs spécialistes du multijoueur, il s'agira sans doute d'un shooter jouable à plusieurs, je ne sais pas si vous mesurez le niveau d'innovation, perso j'ai dû m'asseoir tellement je n'en revenais pas. LFS

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