Sur le papier, H1Z1 : Just Survive a l'air d'un bon jeu. On y choisit un serveur, après quoi on se retrouve en pleine cambrousse, quasi nu, à devoir ramasser des branchages et se nourrir de baies pour éviter les hordes de zombies affamés qui rôdent. Bon, ce scénario est aussi original qu'une sardine en boîte, je vous l'accorde, mais il faut reconnaître qu'il s'agit d'une base solide pour construire un jeu. À condition de ne pas choisir ce que Guy Moquette appelait il y a deux ans un « moteur graphique fainéant » pour afficher l'environnement. Sur ce point, rien n'a changé. C'est le premier choc qui attend le joueur : sa rencontre avec un paysage fade, marqué non pas par la laideur du moteur obsolète d'un 7 Days To Die, par exemple, mais saboté par le simple manque de poésie qui caractérise les mondes fabriqués en plaçant un arbre et un lac à la va-vite près d'une colline délavée. La nuit bleue et pleine de formes inquiétantes de Rust, les montagnes de DayZ noyées dans la brume de l'aurore laissent place dans H1Z1 : Just Survive à une campagne américaine morne et répétitive. Ce n'est pas le pire défaut du jeu, mais difficile d'en faire abstraction. Surtout quand on ouvre ensuite la carte et qu'on se rend compte qu'au lieu des centaines de kilomètres carrés, ou des terrains générés aléatoirement, auxquels nous ont habitué les jeux concurrents, on a droit ici à une unique carte étroite, éternelle, immuable et indigne. Ce n'est que le début.