L'upgrade, pour qui, pour quoi ?

Commençons par justifier le titre, qui peut faire réagir. L'upgrade est mort parce qu'en 2022, la mise à jour d'un PC pose deux problèmes importants. Le premier est totalement lié au marché : la majorité des PC ne peut tout simplement pas être mise à jour. La seconde, c'est que dans une bonne partie des cas, un changement (presque) complet des composants est plus intéressant sur le plan des performances et des finances.

Premièrement, il faut bien prendre en compte une donnée : les statistiques et les études des cabinets d'analyse montrent que le marché PC actuel est composé d'environ 80 % de PC portables, la tendance n'est pas nouvelle. Et les possibilités d'upgrade sur un PC portable se limitent au stockage et éventuellement à la RAM. Le problème, nous allons le voir, c'est que les changements de composants qui amènent des gains intéressants sont essentiellement le remplacement de la carte graphique et du CPU. Augmenter l'espace de stockage (et parfois installer un périphérique plus rapide) ne va probablement pas rendre un PC vraiment plus rapide, car il s'agit très rarement du goulet d'étranglement. Un SSD plus performant peut améliorer (un peu) le confort et réduire l'attente dans certains cas, mais ce n'est généralement pas ce qui va bloquer le plus l'utilisateur. Le cas de la RAM est à peu près le même, ajouté au fait que de plus en plus de PC portables intègrent de la LPDDR4 (ou 5) soudée, plus rapide et améliorant l'autonomie. Pour peu que votre PC possède 8 Go de RAM, l'upgrade ne va pas nécessairement augmenter les performances sur un cas précis, mais plus améliorer le confort et l'usage en multitâche. Comme pour le stockage, la RAM n'est en général pas le plus gros goulet d'étranglement. Il existe quelques cas d'usage ou installer plus de mémoire change vraiment la donne, mais si vous prenez un PC portable lambda considéré comme lent ou inutilisable (par exemple pour les jeux), ce n'est pas un ajout de RAM qui le rendra magiquement adapté. Nous savons parfaitement qu’Intel a proposé pendant un temps des CPU amovibles dans les PC portables, ou qu'il existe des cartes graphiques MXM, mais ils sont très rares : dans l'écrasante majorité des cas, l'upgrade est impossible.

L'upgrade : un choix assez onéreux.

Pour un PC de bureau, les deux composants qui – une fois changés – permettent une réelle amélioration des performances sont le CPU et le GPU. Malheureusement, les gains ne sont pas toujours aussi élevés que l'on pourrait l'espérer. La première raison, c'est qu'il s'agit d'un couple et que garder un « vieux » processeur avec une carte graphique moderne est le meilleur moyen de limiter celle-ci. Tout comme remplacer un CPU mais garder une carte graphique datée – et un GPU, dans ­l’absolu, est vite considéré comme daté – n’amènera généralement que peu de bénéfices. La seconde raison, c'est qu'Intel (au contraire d'AMD) a tellement segmenté ses gammes que le changement de CPU n'est pas toujours intéressant. Et la dernière, c'est qu'après des années de stagnation, Intel s'est réveillé avec une 12e génération très convaincante (la 13e devrait suivre la même voie) et que les Ryzen 7000 inaugurent une nouvelle plateforme, ce qui les rend de facto inutilisables pour de l’upgrade. En prenant en compte tous ces points, passer sur l’équivalent d’un nouveau PC (qui implique de remplacer la carte mère, peut-être la RAM, probablement l'alimentation, etc.) est parfois plus intéressant que mettre à jour certains composants.

C'est probablement contre-intuitif pour certains, mais le PC « gamer » standard ressemble plus à ça qu'à une tour remplie de LED.