Soyons francs, pour un utilisateur lambda qui n'a pas monté son PC ni choisi ses composants avec amour après avoir passé des heures sur la toile, l'upgrade n'est pas réellement une option. Au niveau des performances comme sur le plan financier (et c'est assez lié), un remplacement complet avec la revente de l'ancien PC améliore en général nettement l’ordinaire, sans les tracas inhérents à des incompatibilités inattendues ou – tout simplement – le calvaire de devoir assembler un PC pour certains. Car oui, démonter et remonter un PC n’est pas le passe-temps favori de tous. Ça s’annonce un peu plus facile avec une plateforme AMD étant donné que la marque a eu à cœur de montrer que les choix d'Intel ne sont pas nécessairement les bons (à raison), mais ça reste compliqué, contrairement à l'achat d'un PC monté. Et vraiment, si quelqu'un nous demande s'il doit mettre à jour son PC, si changer des composants va l'aider, notre réponse est souvent « non », parce que pour le grand public, l'upgrade est un leurre. Au-delà des problèmes purement techniques et matériels, nous sommes en effet devant une sorte de croyance, un cliché, un mantra, qui voudrait que « les PC c'est upgradable et tout va bien se passer ». Mais ça revient en fait à dire « les consoles, on branche et on joue », c'est complètement déconnecté de la réalité. Les différents tests le montrent bien, d'ailleurs : ­changer une carte graphique, par exemple, ne va pas magiquement doubler ou tripler les performances. Dans un upgrade, tout est une histoire de compromis et il est parfois difficile de s'en rendre compte avant d'essayer.

Dans la majorité des cas, l'upgrade n'amène pas assez de bénéfices pour être rentable.

En fait, notre avis – après deux mois à trifouiller dans des dizaines de composants et des centaines de benchmarks – n'a pas tellement changé. Dans une bonne partie des cas, l'upgrade n'amène pas assez de bénéfices pour être rentable, sauf à mettre beaucoup (trop) d'argent. Donc oui, « l'upgrade est mort ». C'est évidemment très péremptoire, nous vous l'accordons, mais assez proche de la réalité tout de même… malgré des objections possibles (que nous attendons).
XKCD 386 / CC BY-NC 2.5

Nous avons probablement tort, ­selon vous.

Pour conclure, parce que nous connaissons les arguments : oui, vous avez probablement déjà mis à jour plusieurs PC avec des résultats absolument géniaux et nous sommes incompétents. Oui, il existe des tas d'exemples qui montrent qu'un PC bien choisi peut être upgradé très facilement avec des résultats phénoménaux. ** — Insérez ici vos arguments — **. Mais il faut être réaliste : si vous avez choisi tous les composants en vous renseignant au départ sur les possibilités d'évolutivité, vous n'êtes pas la cible de l'article. Vous savez déjà ce qu'il est envisageable de faire (et ce qui ne l'est pas), changer une carte mère ne vous fait pas peur et vous avez peut-être même monté le PC en anticipant dès le départ les modifications potentielles. Nous avons aussi des exemples parfaits pour montrer les avantages de l'upgrade, nous avons écrit des dossiers sur le remplacement d’un CPU ou d’un GPU dans des PC portables (dans notre hors-série n° 12), nous mettons parfois à jour de (très) vieux PC et nous savons comment fonctionne un ordinateur. En fait, c'est même en partie à cause de nos nombreux essais au fil des années que l'idée de ce dossier est née, pour tout dire.

La mise à jour d'un PC portable, c'est parfois un peu compliqué, et c'est un euphémisme.