L'Œil dans le rétro

Dune - Vous voulez que je vous fasse un destin ?

Nous sommes en septembre 1990 lorsque le projet Dune s'effondre. Depuis plusieurs mois, Virgin Interactive, son éditeur qui ne cessait de faire des reproches aux développeurs, décide de confier finalement la précieuse licence à Westwood Studio. Une histoire qui aurait pu en rester là, si un certain Frank Herman n'avait pas fait financer secrètement le titre par la branche londonienne de Virgin, dont il avait la responsabilité.

La plus belle histoire d'amour du jeu vidéo - Final Fantasy VII et sa narration mécanique

J'ai terminé trois fois Final Fantasy VII. Je l'ai fini une première fois en 1997, quelques semaines après sa sortie sur PlayStation. Je l'ai terminé une deuxième fois, quelques années plus tard, lorsque le titre est arrivé sur PC. La dernière fois, c'était l'année dernière, à l'occasion du portage sur Switch. Après l'avoir parcouru trois fois dans son intégralité, je pensais bien connaître le jeu et pourtant, sans une vidéo publiée sur YouTube il y a trois ans, je serais peut-être passé à côté d'une des plus belles histoires d'amour du jeu vidéo.
(Attention, cet article contient des spoilers.)

Warhammer : Shadow of the Horned Rat - Guerre totale au marteau de guerre

Nous sommes en novembre 1995 lorsque Shadow of the Horned Rat débarque sur les étals. À cette époque, les bases de la stratégie en temps réel sont posées depuis trois ans par Dune II : Battle for Arrakis et utilisent désormais des codes précis, que Warcraft et Command & Conquer s'empressent de reprendre. Ce genre, à la destinée toute tracée, va pourtant être bousculé par un jeu signé Mindscape qui posera les bases d'une série bien connue.

Dark Messiah of Might and Magic - Une aventure des pieds nickels

Vous le savez, tout l'intérêt de s'y connaître en jeux vidéo est d'avoir le dessus lors d'une conversation mondaine en invoquant des références aussi obscures qu'impressionnantes. Certes, vous savez déjà répliquer « oh, moi tu sais, je préfère Europa Universalis – pas le 4 hein, le premier, celui sorti en douze exemplaires en 1976 » dès qu'un béotien tente de vous clamer son amour de Civilization. Mais il est beaucoup plus difficile d'avoir l'air supérieur lorsque la conversation dévie vers les jeux de rôle en 3D. Pour dominer un amateur de Skyrim, faut-il brandir Morrowind ? Ça ne surprend plus personne. Deus Ex ? Trop connu. Anachronox ? Vous auriez l'air d'avoir inventé le titre. Non, ce qu'il vous faut dans ces cas-là, c'est un plaisir de fin gourmet tombé dans l'oubli, de préférence développé par un studio prestigieux. Là, il vous faut Dark Messiah of Might & Magic.

Jedi Knight : Jedi Academy - Force majeure

Mon ennemi juré, Noël Malware, est rentré tout heureux d'un récent voyage de presse. « Le prochain jeu Seigneur des Anneaux sera centré sur Gollum, m'a-t-il annoncé la mine réjouie. On pourra le jouer et tout. Je sais déjà que je lui mettrai 9/10. – Ah oui, que j'ai grincé en retour, parce que s'il y a une chose que j'attends d'un jeu Seigneur des Anneaux, c'est de pouvoir incarner Gollum. » Pourfendu par mon sens de la réplique, Noël a explosé en un nuage de poussière pendant que nos collègues poussaient des cris de joie. Je n'ai pas laissé mon triomphe me monter à la tête et j'ai ignoré ackboo qui, à genoux, tentait d'embrasser le dessus de ma main. Près de la fenêtre, le regard dans le lointain, je pensais à Jedi Academy.

Le jeu vidéo sur PC dans les années 1990

STR, MMO, FPS, RPG : si tous ces sigles, aujourd'hui communs, ne sont pas forcément nés dans les années 1990, c'est pendant cette décennie que le jeu vidéo, à travers quelques titres devenus des classiques, a su créer des codes qui, près de trente ans plus tard, guident encore les développeurs. Après plus d'une décennie de tâtonnements, les acteurs, autant que la technologie, étaient prêts à conquérir le monde.

Un petit tour au GOG

Laissez-moi vous raconter une histoire, celle d’un studio qui a déjoué tous les pronostics en lançant sa propre plateforme de distribution en ligne, principalement dédiée aux jeux d’antan, au nez et à la barbe d’un certain Steam.

Éric Chahi, Delphine Software et les cinematic platformers - Rotoscopie sur son voisin

Né en 1989 sous la houlette de Brøderbund avec Prince of Persia, le cinematic platformer est un genre nouveau en 1990. Quoique, peut-être pas si nouveau puisque Karateka, Impossible MissionNote : 1 et Weird Dreams ont ouvert la voie du genre en créant certains de ses codes. Pourtant, malgré des signaux bien verts, ce genre de jeux va connaître une existence aussi brève que marquante. Dans les années 1990, un développeur français, Eric Chahi, va se démarquer.

Note 1 : Oui, les mots sont dans l'ordre.

Arnold Hendrick, l’historien

Avant de servir les marottes de Sid Meier et Bill Stealey en collaborant à une poignée de simulateurs militaires et de jeux de stratégie, Arnold Hendrick était historien. Et plus précisément, spécialiste de la campagne des îles Solomon. À la fin des années 1980, motivé par son amour de l’histoire militaire et ses années d’expérience à MicroProse, il a suggéré à la société de se lancer sur le développement de sa petite marotte à lui : Darklands. Ce jeu de rôle, dont mon honorable confrère Izual a déjà chanté les louanges et détaillé les déboires Note : 1, a bien failli faire connaître un sort funeste à la société. Pétri de bugs à sa sortie en 1992, le jeu a été ensuite corrigé et accueilli par des critiques enjouées, sans être rentable pour autant. Il n’en reste pas moins un objet singulier, ambitieux et d’une précision maniaque, sur lequel Hendrick a accepté de revenir.

Note 1 : « Darklands, le jeu de rôle colossal qui a failli couler MicroProse » http://cpc.cx/ot7

Bullfrog et le jeu de gestion  - EA comme un problème

Nous sommes en 1990 lorsque Bullfrog évite une catastrophe. Depuis son ouverture en 1988, le studio n'a produit que deux titres : Druid II et Fusion. Et les ventes médiocres poussent Peter Molyneux et Les Edgar à se réunir pour discuter de l'avenir de leur entreprise. En tant que businessman réputé pour sa prudence, Edgar veut naturellement fermer Bullfrog pour éviter l'endettement. De son côté, Molyneux estime qu'un dernier coup de poker peut être tenté avec Populous. Et l'avenir lui a donné raison, puisque Electronic Arts, séduit par ce titre, a sauvé le studio en lui apportant une bulle d'oxygène financier.