Six est une petite fille. Recouverte d'un ciré jaune qui ne laisse entrevoir que ses mains, ses jambes maigrichonnes et le bas de son visage, elle a en tout cas l'air d'une petite fille. Mais deux choses clochent dans cette chétive silhouette encapuchonnée. D'abord, sa taille : la démesure des lieux la rend bien trop petite pour être une simple enfant. Ou bien sont-ce les étranges créatures qui occupent ces lieux simplement gigantesques ? Toujours est-il que dans ces décors cyclopéens, Six a davantage les proportions d'un Schtroumpf qui pourrait se servir d'un évier comme jacuzzi ou d'une pantoufle comme sac de couchage. Et puis, il y a ce rapport que Six entretient avec la nourriture : l'avidité avec laquelle elle se jette sur un morceau de viande crue est pour le moins perturbante. Faire survivre cette enfant étrange, et en apprendre peut-être plus sur cet univers non moins bizarre, constitue le cœur de Little Nightmares. Six peut courir, sauter, s'agripper, traîner des objets, sortir un briquet pour éclairer les nombreux coins sombres du lieu hostile dont elle semble prisonnière. Elle devra se plier à quelques exercices de plateformes, pas trop techniques puisqu'un handicapé du pad comme moi est parvenu à s'en tirer, et résoudre quelques énigmes. Souvent, elle devra veiller à ne pas se faire attraper par l'un des effroyables occupants de ce lieu cauchemardesque.