Starcraft aurait pu rester à jamais un temple du jeu de stratégie en temps réel (STR), une mécanique bien huilée dans laquelle les zergs, les terrans et les protoss s'entre-tuent avec sérieux sous l'œil de commentateurs à la mine grave. Le problème, c'est que les joueurs ont foutu le bordel. Dès la sortie du jeu, ils ont remarqué une option un peu spéciale : « utiliser les paramètres de la carte » (« use map settings » en anglais = UMS). Ces derniers pouvant comprendre une forme rudimentaire de scripts, ils permettaient d'explorer d'autres formes de gameplay que le classique triptyque construction de base-production d'unités-défonçage de l'adversaire. Dès lors, des milliers de forcenés n'ont eu de cesse de subvertir le STR. Ils ont créé leurs propres éditeurs de niveaux, bien plus puissants que celui de Blizzard, et se sont mis à transformer Starcraft en jeu de rôle, en tower defense, en jeu d'horreur, en ébauche de mobaNote : 1, en jeu porno, de golf, de tennis, en adaptation du Seigneur des Anneaux ou de Dragon Ball Z et j'en passe. Puisque Starcraft vient de passer gratuit dans l'attente de son remaster (qui lui sera payant), c'est le moment ou jamais d'explorer l'ingéniosité des moddeurs en téléchargeant quelques-unes de leurs créations pour y jouer avec des inconnus ou des potes – ou même tout seul.

Note 1 : C'est sur une UMS de Warcraft III que fut créé DotA, lui-même inspiré... d'une UMS du premier Starcraft.