On ne parle pas assez des jeux de notre enfance. Ou plutôt, on en parle trop et on en parle mal. Du rétrogaming à la pelle, de la nostalgie en quantité industrielle, du c'était mieux avant, gros pixels à un franc et les mistrals gagnants, au mieux quelques associations en forme de madeleines de Proust plus ou moins sèches. Mais à moins de militer chez Familles de France, on ne se demande pas quel effet a eu, sur nos esprits en formation et nos cortex tout mous, le fait de découvrir le monde, en partie seulement mais en partie quand même, à travers le jeu vidéo. Quelles traces, quelles impressions plus ou moins durables ces images ont-elles laissées dans nos jeunes cerveaux si influençables ? Est-il possible d'imaginer un rétrogaming réflexif, qui ne s'intéresserait pas aux jeux eux-mêmes, mais à l'empreinte qu'ils ont laissée en nous, à la façon dont ils nous ont tordus ?