À force de s'avaler du jeu de survie à toutes les sauces, on commence à bien connaître les codes de ces simulateurs de week-end en province : balancé au milieu de nulle part, il faut se grouiller de tabasser des arbres à mains nues afin de faire du feu, puis ramper dans les buissons pour y cueillir des baies avant de s'atteler à la construction d'une cabane en rondins moisis. Ça, c'est le b.a.-ba du jeu de survie, la routine des générateurs de famine en accès anticipé. Aucun de ces fondamentaux n'est transposable sur Mars, où arbres et rivières se font plutôt rares. Quand Rokh largue le joueur au beau milieu d'une étendue martienne avec une combinaison spatiale et un tournevis pour tout bagage, c'est une belle vague de fraîcheur qui vient assaillir le néophyte. Il rêve d'alchimie rudimentaire pour produire de l'oxygène, de bases créées à partir de bâches en plastique dans lesquelles on tente vainement de cultiver des laitues fertilisées au caca, bref, il rêve d'une aventure inédite. Puis il se réveille et il va taper des cailloux pendant quatre heures.