C'était le moi de 2002 qui avait décidé de me rendre une petite visite. Il était jeune, beau, fringant, et malgré tout, je me suis reconnu tout de suite. Il est resté absorbé devant ce spectacle de mort et de destruction. « Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il y a autant de choses qui clignotent partout à l'écran, mais à part ça, c'est époustouflant », fit celui qui enchaînait alors les nuits blanches de LAN sur Medal of Honor, et à qui les innombrables manutentions d'écrans CRT de 15 pouces avaient conféré un corps de dieu grec. « Les graphismes sont magnifiques, les effets épatants, l'ambiance incroyable… Les années ont beau t'avoir salement amoché, tu as une chance inouïe de vivre cette époque ! », conclut-il avant de disparaître, sans même me laisser le temps de le prévenir de changer de trottoir le jour où il croiserait cette foldingue de… Oh, et puis qu'il se démerde.
« Une chance inouïe », m'avait-il dis-jeNote : 1. Vraiment ? « Pourtant, c'est le quatorzième Call of qu'on voit là, mon p'tit père », aurais-je voulu lui rétorquer. « Et les parties limitées à du 6v6 ? Et ces armes sans le moindre recul, même la grosse MG-42 teutonne qui est plus stable qu'un flingue de paint-ball ? Tu trouves vraiment ça admirable ? », lançais-je au ficus à la place duquel se tenait mon alter ego juvénile quelques secondes auparavant. Me sentant un peu ridicule, je décidai de prendre un peu de recul.

Note 1 : Désolé, mais tout cela m'a un peu perturbé.