Après un Fable 3 raté, avec un Molyneux sur le départ, Microsoft s'est à peu près tout autorisé dans ce qui était autrefois l'une des principales franchises de la Xbox, la détruisant un peu plus à chaque épisode. Un jeu Kinect (The Journey), un beat-them-all coopératif minable (Heroes) et plus récemment Fable Legends, qui tentait de transposer dans Albion la formule d'Evolve et de Dead by Daylight, avec un joueur contre quatre. Quand Microsoft a fermé le développeur de Fable l'an dernier, le studio travaillait encore sur un jeu de cartes multijoueur (un JCC, comme disent les adeptes, pour jeu de cartes à collectionner). Avec la bénédiction de Microsoft, et malgré une campagne de financement participatif complètement ratée, Fable Fortune a fini par arriver en accès anticipé. Mais avait-on besoin d'une énième pâle copie d'Hearthstone, alors que le jeu de Blizzard continue de vivre sa vie et d'écraser la concurrence ? Soyons clairs : le seul atout de Fortune, c'est la marque Fable, sans laquelle il aurait immédiatement disparu des radars. Mais à quoi bon relancer la marque Fable aujourd'hui ? Surtout avec un JCC sans scénario, sans humour, sans vrais personnages (au-delà des six héros jouables, qui sont d'ailleurs plus des archétypes de classes que des personnages), sans Albion à explorer, sans monde où évoluer ? Est-ce qu'on imagine Disney sortir demain un FPS gore sur les Gummi ? Verrait-on Emmanuel Macron, au prix d'un sanglant rituel techno-vaudou, ressusciter Georges Marchais pour le nommer ministre de l'Économie de sa « start-up nation » ?