L'Œil dans le rétro

The X-Files, le jeu - Aux frontières techniques du réel

On apprend toutes sortes de choses sur le site officiel du jeu X-Files, miraculeusement toujours en ligne aujourd'hui : on sait par exemple qu'il a fallu sept semaines pour tourner les 24 heures d'images nécessaires à sa conception (même si seulement six d'entre elles ont été gardées pour la version finale), que David Duchovny et Gillian Anderson ont été sollicités pendant dix jours, que plus de 200 personnes ont été mobilisées sur le projet et qu'aucune d'entre elles n'est morte de fatigue (une blague qui sonne très années 1990, maintenant que j'y pense).

Racing Destruction Set - Une épreuve de plus que Sétait mieux avant

Kit de Course DestructiveRDS pour les intimes – est un jeu qui aura occupé nombre de mes fins d’après-midi collégiales, en lieu en place des devoirs réclamés par un corps enseignant ne comprenant pas l’inextensibilité de mon emploi du temps et que par voie de conséquence, choisir, c’est renoncer. Avec le recul, serais-je procédurier que je traînerais Electronic Arts en justice pour « obstruction à la poursuite d’études supérieures », littéralement obsédé par un titre permettant non seulement de personnaliser les caractéristiques des véhicules, mais aussi de créer ses propres circuits. Un beau gâchis s’il en est, alors que polytechnique et HEC s’arrachaient mon dossier scolaire suite à un 17,5/20 obtenu en EMT, concernant la fabrication d’une boule à facettes en carton bicolore « spéciale fête des mères ».

Vie et mort de l’âge d’or des jaquettes - « Aujourd’hui, plus personne ne veut être trompé par une illustration tape-à-l’œil sur une boîte »

Un duel épique au soleil couchant pour vendre Wasteland. Un soldat aux abdos gonflés jusqu’au bord de l’explosion pour vanter Doom. Dans les années 1980 et 1990, tant que la jaquette d’un jeu vidéo en mettait plein la vue, les illustrateurs faisaient à peu près ce qu’ils voulaient. Une ère d’insouciance et de liberté, avec ses parts d’ombre.

Un nouveau désespoir - Quand Star Wars ne suffisait plus

Lorsqu'on parle de Star Wars en jeux vidéo, il peut être tentant d'évoquer les incontournables, voire quelques projets avortés qui paraissaient prometteurs. Mais mon truc à moi, vous le savez sans doute déjà, c'est de fouiller les poubelles du jeu vidéo pour en remonter les pires trucs possibles. Des jeux tellement mauvais qu'ils en deviennent pénibles à prendre à main, ou même à regarder. Et sur ce point, Star Wars nous a gratifiés de pépites étranges ou carrément moisies, dont voici une petite sélection.

Mandragore - Attention, Greta va te faire saigner

Elden Ring par-ci, Elden Ring par-là… Pour un inactuel condescendant comme moi, l’enthousiasme général de la communauté est touchant, pour ne pas dire attendrissant. Mais à l’heure où les joueurs se doivent d’être durablement responsables sous peine d’être considérés comme des inconséquents écologiques, combien d’entre eux – vibrant aujourd’hui du slip en galopant compulsivement dans un univers imaginé par un directeur artistique sous Prozac – ont-ils d’abord bouclé Mandragore avant de se perdre dans L'Anneau des aînés ? Réponse dans l'article, et autant vous dire que ce n'est pas joli-joli.

Final Fantasy Tactics - Matsuno au sommet de son art

Je profite de la sortie de Triangle Strategy (qui est une sorte de suite spirituelle) pour parler de Final Fantasy Tactics. C'est aussi mon second « Rétro », six mois ou presque après celui sur Xenogears, et donc, sans doute, le deuxième chapitre de la grande bible Canard PC consacrée aux jeux Squaresoft de la grande époque, à paraître d'ici dix ou onze ans.

Rockstar Games presents Table Tennis - Un ping-pong avant GTA IV

En mars 2006, Rockstar est déjà au sommet de l'industrie du jeu vidéo. Cinq ans auparavant, l'éditeur a sorti Grand Theft Auto III, qui a révolutionné le jeu d'action open world et lui a rapporté plus d'un demi-milliard de dollars. Tandis qu'il prépare un quatrième épisode dont le budget s'annonce hollywoodien, ce nouveau riche rachète ou crée des studios en Angleterre, en Écosse, au Canada, aux États-Unis. Le mastodonte Rockstar tourne à pleine vapeur, réalise des profits colossaux et annonce alors... un jeu de ping-pong.

Daggerfall - Vaste & Furious

Si aujourd'hui, Bethesda est un studio de développement plus frileux qu'un chat sans poils parachuté en plein Antarctique qui se contente de ressortir Skyrim chaque année, assorti parfois d'un « Skyrim dans le wasteland » et bientôt d'un « Skyrim dans les étoiles », ça n'a pas toujours été le cas. Fut un temps, le studio de Rockville était sacrément novateur et, en 1996, il a même créé l'un des jeux les plus ambitieux de tous les temps.

Silent Hill - Aux origines de la cité de la peur

En 1999 sortait le tout premier Silent Hill, un survival horror initialement pensé par Konami comme une manière de riposter au succès du Resident Evil de Capcom. Derrière ce titre devenu culte, on trouve une jeune équipe assemblée sur le tas, qui a longuement travaillé dans l'ombre sans qu'aucun supérieur hiérarchique ne vienne interférer dans leur projet, avant d'aboutir à un classique du genre – une équipe dont faisait notamment partie le directeur Keiichiro Toyama, qui est revenu avec nous sur ses souvenirs de l'époque.

North and South - Allô la Lune ? Ici Custer.

Ce qui est drôle avec North and South, c'est que tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui qu'il s'agit d'un grand jeu. Pourtant, en 1989, personne ne semblait y croire, si bien qu'un petit jeune, fraîchement employé pour écrire du code sur Hostages: Rescue Mission, n'a eu aucun mal à récupérer la charge du projet, au seul motif d'avoir quelques idées.

L'auteur tient à remercier Stéphane Baudet, designer de North and South, d'avoir aimablement accepté de répondre à ses questions sans jamais s'énerver.

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Racing Destruction Set - Une épreuve de plus que Sétait mieux avant

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Vie et mort de l’âge d’or des jaquettes - « Aujourd’hui, plus personne ne veut être trompé par une illustration tape-à-l’œil sur une boîte »

Un duel épique au soleil couchant pour vendre Wasteland. Un soldat aux abdos gonflés jusqu’au bord de l’explosion pour vanter Doom. Dans les années 1980 et 1990, tant que la jaquette d’un jeu vidéo en mettait plein la vue, les illustrateurs faisaient à peu près ce qu’ils voulaient. Une ère d’insouciance et de liberté, avec ses parts d’ombre.

Un nouveau désespoir - Quand Star Wars ne suffisait plus

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Elden Ring par-ci, Elden Ring par-là… Pour un inactuel condescendant comme moi, l’enthousiasme général de la communauté est touchant, pour ne pas dire attendrissant. Mais à l’heure où les joueurs se doivent d’être durablement responsables sous peine d’être considérés comme des inconséquents écologiques, combien d’entre eux – vibrant aujourd’hui du slip en galopant compulsivement dans un univers imaginé par un directeur artistique sous Prozac – ont-ils d’abord bouclé Mandragore avant de se perdre dans L'Anneau des aînés ? Réponse dans l'article, et autant vous dire que ce n'est pas joli-joli.