Quels que soient le genre ou le support, les œuvres qui veulent se faire remarquer le font souvent en brisant leur cadre habituel. En littérature, La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski propose du texte non linéaire, écrit dans tous les sens et un peu n'importe comment dans ce qu'il faut bien appeler un livre, en tout cas un assemblage de feuillets dotés d'une couverture. De même, Tree of Codes de Jonathan Safran FoerNote : 1 remixe des nouvelles parues dans le recueil Les Boutiques de cannelle de l'auteur polonais Bruno Schulz en découpant directement des mots ou lettres à même les pages, pour former une histoire complètement différente. En musique, il y a « 4'33 », un morceau silencieux (de quatre minutes et trente-trois secondes) de John Cage. En peinture, le bleu de Klein. En sculpture, les compressions de César. En théâtre, les mises en scène de Bertolt Brecht. Idem en cuisine, avec la gastronomie moléculaire qui fait grimacer les amateurs de bouffe à l'ancienne et de pizza. Les exemples ne manquent pas (c'est bien la preuve qu'ils atteignent au moins une partie de leur but : une relative célébrité, même si on retient plus souvent l'originalité que l'œuvre en elle-même). En jeu vidéo, Oἶκoςpiel est peut-être le premier à s'approcher de ce type d'ambition radicale, d'approche extrême.

Note 1 : Je donne des exemples, n'allez pas forcément prendre ça pour des recommandations. Tree of Codes, c'est hyper-chiant.