À première vue, Minit rappelle Link's Awakening sur Game Boy, de par son minimalisme assumé, ses graphismes épurés et son absence de couleurs. Le scénario aussi présente quelques points communs, puisque dès le début de l'aventure on apprend qu'une épée nous attend sur une plage non loin. On part alors en quête de l'arme et, quelques écrans plus tard, c'est le drame. L'épée, sur laquelle on vient de poser la main, est maudite et condamne le héros à passer de vie à trépas toutes les soixante secondes. Quant à la malédiction qui a donné au héros cette apparence à mi-chemin entre Q-Bert, un canard et un Mr. Saturn de la série Mother, on évitera d'en parler pour ne pas froisser le graphiste du jeu, mais je digresse. À chaque minute, disais-je, c'est retour à la case départ, la maison du héros. Le joueur devra utiliser ce bref et précieux laps de temps pour glaner informations et objets (qui sont eux persistants) dans le but de lever le sortilège. Chaque écran comporte au moins un élément secret, parfois utile, parfois humoristique, ce qui obligera à explorer les moindres recoins de l'univers, quitte à se suicider pour revenir plus vite dans certains lieux. Un peu partout dans le monde sont disséminés des foyers qui peuvent faire office de points de réapparition, permettant au joueur de se rendre en des terres plus éloignées.

En sus de sa direction artistique rigolote, le jeu regorge de PNJ foutraques qui offrent des indices plus ou moins évidents. La palme revient à cette tortue gardienne de phare, parlant tellement lentement qu'il lui faudra près de quarante secondes pour délivrer son message, ce qui n'est pas idéal quand on discute avec un type qui meurt une fois par minute. Reposant sur un concept simple imaginé lors d'une game jam, Minit est l'œuvre de seulement quatre personnes, notamment Kitty Callis (Guerilla Games) et Jan Willem Nijman (cofondateur de Vlambeer). Ils espèrent pouvoir sortir le jeu avant la fin 2017.