25 résultats pour "quand jeu devient service"

Jeux-service : et après, on fait quoi ?

Avant c’était difficile, mais c’était simple : un jeu marchait ou pas, mais de toute façon sa durée de vie était limitée et son éditeur ou développeur devait prévoir assez rapidement un successeur. Aujourd’hui avec les « jeux-service » (ma traduction de « Game as a service », ou GaaS, ces jeux qui sont faits pour durer, enrichis de contenus payants régulièrement), c’est beaucoup plus compliqué : jusqu’où faut-il aller dans l’entretien d’un jeu et de sa communauté ? Comment proposer une évolution ou une succession sans perdre les clients existants ?

2017 : un an de « Au coin du jeu » et quelques erreurs

Oui, je sais, en plein mois de mars ce n’est plus tellement la saison des bilans. Mais j’avais inauguré l’année dernière le principe d’une chronique qui passait en revue mes principales erreurs de l’année précédente et j’y tiens, même si les sagouins de Presstalis ont occupé ces pages en début d’année.

A Tale of Two Kingdoms - Le Royaume des vieux

Quand Kahn Lusth et Denis, nos deux motards de service, commencent à échanger des informations relatives à la quantité de feuilles mortes qui jonchent les routes, c'est que ma période favorite de l'année commence. L'automne, le vrai, le rude. Ils arrivent : le temps gris, l'air qui pique, les mitaines d'Izual et avec toute cette bande, le plaisir régressif de passer des heures à s'absorber dans une grande aventure pleine de rois, de bardes et de fées.

Quand je serai grand, je serai MJ - Les gros jeux

C’est inévitable. Si vous êtes joueur assidu de jeux de rôles, vous vous êtes forcément déjà posé la question : et si c’était moi qui prenais les commandes ? Bonne idée. Excellente même, ce rôle ingrat étant souvent l’apanage d'une seule personne autour d'une table de rôlistes. Pour parvenir à vos fins, deux méthodes vous sont proposées. Commençons par la plus évidente, qui consiste à être le Meneur de Jeu d'un grand titre classique, comme Donjons & Dragons, Star Wars ou L'Appel de Cthulhu.

Cyberpunk 2077 - La possibilité d'une ville

Vous vous souvenez de cet article à propos d'un développeur de Cyberpunk 2077 qui aurait passé 175 heures dans le jeu sans en voir le bout ? Ce que le titre de l'article ne disait pas, c'est que le développeur en question travaillait au service qualité : pendant 175 heures, il a rasé les murs pour vérifier qu'il ne passait pas à travers. Ce que l'article ne racontait pas non plus, c'est qu'en 175 heures à recenser les bugs, le pauvre homme n'a probablement jamais dû dépasser le prologue.

Les jeux qu'on attend en 2019 - (et pas forcément pour les bonnes raisons)

Depuis que Noël Malware, « l'homme qui met 9/10 plus vite que son ombre » comme on l'appelle iciNote : 1, est arrivé à la rédac, beaucoup de choses ont changé. Les rédacteurs, jusqu'ici gris et blasés, qui à l'annonce d'un nouveau jeu se contentaient de maugréer « ouais, bon, c'est un jeu quoi » en écrasant leur clope au fond d'une tasse de café froid, sont redevenus enthousiastes. Joviaux. Ils prennent même parfois – horreur ! – du plaisir en découvrant de nouveaux jeux et en posant leurs mains dessus. Pire, ils se sont mis à ATTENDRE des jeux, à avoir hâte d'y jouer. C'est donc une rédaction toute excitée qui a dressé la liste, sur quelques pages, des titres qu'elle attend le plus en cette année 2019.

Note 1 : Chez Épris de Justice (cpc.cx/eprisdejustice), on l'appelle « celui qui a le numéro de tous les égorgeurs de l'Essonne », mais c'est une autre histoire.

Catastrophes naturelles, accident nucléaire : le jeu vidéo après le cataclysme - Des paroles et désastres

L'imaginaire d'un créateur est poreux : il reste toujours, dans une œuvre, les traces d'événements personnels que son auteur y a intégrés, plus ou moins consciemment, et ces résidus biographiques sont d'autant plus présents que les événements ont été marquants. C'est le cas des traumatismes intimes, mais aussi des catastrophes d'origine naturelle ou humaine, qui marquent des générations entières. Malgré sa jeunesse, le jeu vidéo porte aussi la trace de ces histoires. C'est ce que nous racontent deux créateurs confrontés au désastre.

De quoi l'industrie du jeu vidéo est-elle malade ?

Licenciements en cascade, horaires intenables, précarité généralisée... Et si l'industrie du jeu vidéo marchait sur la tête ? Depuis la rentrée, la rédaction de Canard PC, en partenariat avec Mediapart, planche sur un dossier au long cours consacré aux conditions de travail dans le monde des jeux. Les deux articles de ce numéro constituent le début d'une série qui se poursuivra dans les prochains mois, détaillant la question en profondeur.

Le crunch, symbole de l’immaturité de l’industrie du jeu vidéo et cause de son incapacité à grandir

Parmi les termes propres à l’industrie des jeux vidéo, le crunch fait figure de symbole. Ce n’est pas pour rien que nous avons intitulé « Crunch Investigation » cette série d’articles consacrée aux conditions de travail dans les studios. En dehors de la blague – évidemment excellente – et de la référence à l’émission d’Élise Lucet, le crunch est une sorte de face visible de la Lune, une partie émergée de l’iceberg du travail dans la production de jeux vidéo. Le symbole et la cause de son immaturité aussi.



 



Par Kalabes et Netsalash

Doorkickers - SAV

Dans la rubrique « Service après-vente », la rédaction de Canard PC revient sur des jeux testés dans les numéros précédents pour juger, d'un œil sévère mais juste, de la qualité des mises à jour importantes et du suivi apporté par les développeurs après la sortie.

Sekiro : Shadows Die Twice - From Software with love

Contrairement à ce que prétend la légende, les jeux de From Software ne sont pas durs, c’est juste un coup marketing. La preuve, prenez le premier épisode de Dark Souls : sur YouTube, on peut trouver la vidéo d’une fille qui le termine en utilisant, à la place d’une manette traditionnelle, un tapis réservé aux jeux de danse. Comme quoi, il suffit parfois d'un peu de volonté. Un peu de volonté, et un tapis de danse, évidemment...

Red Dead Redemption 2 - Légende du voyage

Au commencement était GTA IV. Et Rockstar dit : « Tes contrôles seront lourds, ton système de visée hasardeux et tu conduiras tes véhicules dans la douleur. » Et le peuple fut malheureux. Rockstar fit alors descendre Red Dead Redemption et GTA V sur la Terre, et les gens y jouèrent, car ces jeux étaient simples et drôles et maniables. Mais Rockstar n’était pas satisfait. Il vit que cela n’était pas bon. Du haut des cieux, sa voix résonna : « Voici que je vous livre Red Dead Redemption II et sa maniabilité atroce. Prenez et mangez-en tous, car de toute façon, vous n’aurez rien d’autre. » Et le peuple mangea. (Ezéchiel 4, 15-22)

Octopath Traveler - Les huit salopards

Quand ils sont arrivés au village et qu’ils ont frappé le forgeron, je n’ai rien dit, je n’étais pas forgeron. Quand ils ont emmené le marchand, je n’ai rien dit, je n’étais pas marchand. Quand ils ont volé les économies du boulanger, je n’ai rien dit, je n’étais pas boulanger. Et quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus aucun PNJ pour protester.

Ludus latrunculorum -- Photo Corsairs-wares.com
5000 ans d'histoire du jeu de plateau - Des pharaons d'Égypte aux Colons de Catane

Star Wars Jedi : Fallen Order - C'est Wookie voyez

On ne donnait pas cher de la peau de Fallen Order, surtout en apprenant qu'Electronic Arts n'offrirait pas le jeu en avance aux abonnés d'Origin pour « éviter les spoilers ». J'ai donc graissé soigneusement la chaîne de ma tronçonneuse et... Et je crois que ces gens font tout pour m'énerver. Mais dans le bon sens, hein. Oui, c'est compliqué la vie d'un journaliste de jeu vidéo.

Far Cry 5 - Redneck rempaillage

Les mois qui ont séparé l'annonce de Far Cry 5 de sa sortie ont compté parmi les plus fascinants de ma carrière de type payé à glander sur les réseaux sociaux (j'écris aussi sur les jeux vidéo, mais de façon annexe). Sitôt révélé le contexte du titre, un Montana rural aux prises avec une secte évangéliste, un petit groupe d'internautes s'est autoconvaincu, malgré les dénégations d'Ubisoft qui affirmait le contraire lors de chaque interview, que Far Cry 5 serait un jeu engagé, pour ne pas dire militant, une charge anti-Trump radicale. Dans les commentaires sous les articles et les vidéos, ils criaient leur hâte de pouvoir casser du républicain, pendant qu'en face les gamergâteux braillaient leur refrain habituel sur les salauds de gauchistes qui mènent une guerre culturelle au jeu vidéo. Le plus intéressant, dans cette bataille rangée, livrée à propos d'un jeu qui n'a jamais existé ailleurs que dans l'esprit de ses participants, est qu'elle donne raison au maigre propos politique que contient le vrai Far Cry 5.

Purée c'est beau.
Microsoft Flight Simulator - J'ai encore rêvé d'ailes

Quinze ans. Cela fait bien quinze ans qu'on attendait un grand simulateur de vol. Qu'on devait se contenter d'un produit bancal développé par une équipe minuscule (X-Plane) ou d'un jeu qui ne demandait qu'à partir en retraite (FSX). Ce qu'il convient d'appeler Le Moyen Âge de la simulation est désormais terminé. Développé avec le budget d'un AAA, exploitant enfin les technologies du XXIe siècle, Microsoft Flight Simulator signe la renaissance d'un genre qu'on croyait mort. Ma joie est incommensurable, mes check-lists sont prêtes.

Les poubelles de Steam - Popo de terre contre popo de fer

Avec des conditions de publication qui se résument désormais à fournir un chèque de cent dollars et un exécutable qui ne plante pas au démarrage, Steam est devenu la boîte de Pandore du jeu vidéo. Une boîte que nous allons secouer tous les mois, afin d'en faire sortir les pires jeux vidéo du moment. Suivez-nous et surtout, n'oubliez pas votre combinaison Hazmat. On ne sait jamais.

Le Fallout 4 ultime - Ou comment il suffit d'installer trente mods pour tomber amoureux de ce jeu

Lorsque Fallout 4 est sorti fin 2015 (et qu’il s’est ramassé un 6/10 de notre impitoyable Izual), je l’ai abandonné au bout de quelques heures. Deux ans plus tard, je décide de l’exhumer du fin fond de ma bibliothèque Steam pour lui ravaler brutalement sa sale petite tronche à coups de gigaoctets de mods. Le résultat a été au-delà de mes espoirs les plus fous. Je suis devenu complètement accro à mon Fallout rafistolé façon Frankenstein, sur lequel j’ai passé plus de 200 heures les dernières semaines. J’ai enfin l’impression d’avoir rentabilisé mon achat.

Space Wreck - Lettons, lettons, entrer le soleil

Dans sa jeunesse, en Lettonie, le créateur de Space Wreck explorait les bunkers et les hangars abandonnés de l’ex-URSS. Aujourd’hui, il trouve ça logique, d’une certaine façon, que son jeu consiste à explorer d’immenses carcasses de vaisseaux dans l’espace. C’est bien que les gens comme ça soient développeurs parce que si ça avait dû être moi, avec mon enfance banale dépourvue de ruines soviétiques, le jeu aurait juste consisté à être nul en maths dans l'espace.

Rainbow Six : Siege - Tente une sortie

Serveurs stables, tricheurs bannis prestement, patchs massifs et réguliers... Autrefois noyé sous les problèmes, Rainbow Six : Siege s'est transformé peu à peu en jeu de tir compétitif d'une très grande qualité. Bizarrement, cette exemplarité avait créé chez moi une frustration croissante : celle de ne pouvoir jouir des fantastiques décors destructibles, des fusillades nerveuses et des gadgets ingénieux autrement qu'en me faisant atomiser par des joueurs capables d'aligner un headshot en trois millièmes de seconde. Puis le mode zombie est venu me combler de joie.

Prey : Mooncrash - Bien luné

On commet tous des erreurs, dans la vie. Je dis « on », c'est pour généraliser : tout le monde est bien conscient que quelqu'un comme ackboo se trompe beaucoup plus que les autres. Mais voilà, des fois, à Canard PC, on se goure collectivement, comme quand on a décidé, à la sortie de Mooncrash, de l'ignorer au motif que « c'est juste un DLC, pas la huitième merveille du monde » (ce qui constitue le seuil minimum à franchir pour mériter une page dans notre auguste magazine). Aujourd'hui, je le reconnais devant vous : nous nous trompions. Parce que oui, Mooncrash pourrait bien être la huitième merveille du monde.

Les armées de l’ombre - Une vue d’ensemble des conditions de travail des traducteurs français

Dans le dernier numéro, nous tentions de vous expliquer comment les jeux étaient traduits, et pourquoi certains de vos AAA préférés étaient susceptibles de contenir au mieux des coquilles, au pire d’énormes maladresses – et comment nous étions passés de traductions foireuses réalisées par des développeurs à une professionnalisation généralisée du processus de localisation. À force de discuter avec des traducteurs français, indépendants comme salariés, plusieurs constats se sont dressés. Déjà, le fait que leurs conditions de travail n’allaient pas vraiment en s’arrangeant au fil des années. Ensuite, que comme beaucoup d’autres petites mains d’une industrie qui favorise la culture du silence, ils n’avaient pas toujours l’occasion de s’exprimer, que ce soit sur leurs joies ou leurs mécontentements. Pourtant, ce n’est pas faute de choses à dire.

Vincent Berry - Qui joue à quoi ?

La recherche sur les jeux n’oublie pas de s’intéresser à l’un des acteurs majeurs de ce petit écosystème : les joueurs. Vincent Berry est sociologue, chercheur en Sciences de l’éducation à Paris 13-Villetaneuse et il a eu l’amabilité de nous recevoir dans le fablabNote : 1 de l’université, Ludomaker. Il a notamment travaillé sur les joueurs de MMO – Dark Age of Camelot et World of Warcraft – et si désormais il se consacre plutôt aux jeux de société, il ne manque jamais une occasion de parler de sa dating sim favorite, Amour sucré.

Note 1 : laboratoire de fabrication

Cuphead - Ça casse ou ça tasse

« Tête de Tasse et Face de Mug sont bien embêtés. Après une nuit de folie et de gains mirobolants dans le casino du Roi Dé, voilà que le Diable en personne vient faire monter les enchères. Appâté par des gains toujours plus fous, Tête de Tasse jette les dés et PATATRAS, voilà nos deux héros obligés de céder leur âme au Diable ! Le seul moyen pour eux de trouver le salut sera de récupérer toutes les âmes damnées de l'île d'Inkwell pour le compte du Malin. » Je ne sais pas ce qu'ils prennent au studio MDHR mais s'il en reste un peu je veux bien goûter.