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Fil d'actu
04/09
KKK d'école
La Maison Blanche vient d'atteindre un niveau supplémentaire de cynisme politique (si si, c'est encore possible) en publiant deux jeux rétro sur son site officiel. Le premier, un clone de Snake, vous glisse dans la peau de Tom Homan pour rafler un max d'immigrés le long du Rio Grande et les expulser. Le second, un pastiche de Tetris intitulé « Protégez la frontière », vous demande d'empiler des briques pour bloquer « la horde ». Transformer deux monuments de l'histoire du jeu vidéo en outils de propagande racoleuse et facho, c'est un concept. On attend avec impatience leur prochain titre : un Paperboy où l'on jette des avis d'expulsion. Monde de merde... P.
03/09
Nexon prépare le terran
Selon le quotidien coréen Chosun, Nexon (le studio d'Arc Raiders) serait sur le point de signer avec Blizzard pour développer un nouveau StarCraft. Un « contrat proche d'être finalisé », chuchote un « responsable senior » resté anonyme, comme d'habitude. 28 ans après sa sortie, StarCraft squatte toujours le top 10 des jeux les plus joués dans les PC bang coréens, ces temples des LAN qui refusent de mourir. De quoi donner des idées à n'importe quel éditeur en manque de licence increvable. Petit bémol qui pique : le boss de Nexon, Junghun Lee, est aussi celui qui a déclaré qu'il fallait « supposer que tout le monde utilise l'IA générative » en développement. Reste à savoir si Blizzard glissera une clause anti-IA dans le contrat, histoire d'éviter l'émeute chez les fans. Pendant ce temps, Blizzard planche discrètement sur son propre spin-off StarCraft, un FPS en monde ouvert dont on pourrait apercevoir un bout à la BlizzCon. Deux StarCraft en 2026, cela n'était pas sur mon bingo. P.
03/09
Un rachat dans le visage
SteamDB, le site que la moitié de la rédac' rafraîchit plus souvent que ses mails, change de mains. Son créateur solitaire, xPaw, a filé les clés à Nexus Mods, plateforme reine du mod qui promet de garder « le nom, la marque, la communauté ». Traduction : on va monétiser tout ça, mais sans changer la déco trop vite. En cause : « la charge mentale » d'un site géré seul pendant des années, et un bon vieux coup de blues. « Après le Covid et avec la montée de l'IA, l'internet qu'on aimait a disparu, et ma passion avec », confie le développeur, dans ce qui restera comme le post LinkedIn le plus déprimant de la rentrée. Nexus, lui, lorgne surtout sur les archives de SteamDB, une, une quantité incroyable d'informations sur les versions de jeux, les dépôts, les manifestes, les fichiers et l'historique des mises à jour, vitales pour réparer les mods qui claquent à chaque update. Bilan : encore un bout du bon vieux web indé qui passe sous pavillon corporate. P.
02/09
Oublivion
Ah, la magie de la mémoire patronale. Michał Nowakowski, co-PDG de CD Projekt Red, vient d'offrir une relecture magistrale de l’histoire : si Cyberpunk 2077 est sorti complètement cassé fin 2020, ce n'est pas la faute des patrons, mais parce que « l'équipe voulait le sortir, car elle était fatiguée ». Le directeur oublie juste un détail : le crunch obligatoire de six jours par semaine imposé aux devs avant le lancement. Forcément, quand on vous enchaîne au bureau 70 heures par semaine sous COVID, on a très envie que le jeu sorte, pour pouvoir revoir le soleil et ses enfants. Résumer la fatigue d'un studio soumis au travail forcé à une simple « envie de passer à autre chose », c'est un pur chef-d'œuvre de com'. La prochaine fois, ils nous expliqueront que les galériens ramaient vite parce qu'ils adoraient le tempo du tambour. P.
01/09
Élan Musk
Après dix ans à nous apprendre qu'on peut mourir de froid en mangeant des haricots périmés, Hinterland découvre le vrai sens du mot survie. Face à la crise du secteur, les Canadiens lèvent le pied sur la suite (Blackfrost) et renvoient les devs tricoter des DLC sur le premier The Long Dark. L’explication officielle vaut son pesant de pemmican : l’industrie est « incertaine » et la situation géopolitique « compliquée ». Traduction : lancer un nouveau jeu aujourd'hui, équivaut à sortir en slip dans un blizzard à -40°C. Résultat, le studio préfère réinjecter du contenu dans sa valeur sûre. C’est une stratégie qui me convient : plutôt que de risquer l'hypothermie financière avec un nouveau titre, ils réchauffent la délicieuse boîte de pâté entamée il y a dix ans, sans virer personne. P.