Quand le gouvernement envisage de créer une nouvelle forme de contrat à durée indéterminée lié à l’accomplissement d’un projet (le « CDI de projet »), le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) applaudit. Ce nouveau CDI, auquel l’entreprise pourrait mettre fin une fois terminé le projet auquel il est attaché, est d’abord le Graal du secteur des Sociétés de services et d'ingénierie en informatique (les SSII ou SS2I). Il leur permettrait de n’embaucher les ingénieurs et techniciens que pour la durée des contrats obtenus, sans avoir à s’en préoccuper ensuite. Pour le jeu vidéo, le problème est un peu du même ordre : un studio de développement a souvent besoin d’augmenter beaucoup ses effectifs dans la deuxième moitié d’un projet, mais se retrouve alors en sureffectif au début du suivant. Du point de vue des patrons de studios, le CDI de projet est donc une « excellente nouvelle », qui donnerait un cadre légal bien pratique à ce qu’ils gèrent aujourd’hui à grands coups de stagiaires, freelances et CDD renouvelés de façon « créative », même dans les entités bien établies.