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le 1 juin 2019
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Par L-F. Sébum | le 6 mai 2019

Canard PC 395 : Édito

Édito

Depuis que j'ai reçu Mortal Kombat 11 (en test dans ce numéro), je n'ai pas arrêté d'y jouer. D'ailleurs j'y joue en cet instant même, tandis que j'écris cet édito. Oui, c'est étrange, d'autant que, sauf chef-d'œuvre, je rejoue rarement aux jeux une fois le test écrit. Si MK11 fait exception à la règle, c'est que, comme dans Injustice 2, précédent titre de NetherRealms, une option permet de laisser l'IA se battre toute seule et engranger des pièces d'or, que le joueur n'a plus qu'à dépenser. Ajoutez à cela un petit script qui appuie sur entrée automatiquement à la fin des combats et vous pouvez laisser le jeu tourner 24h sur 24. Depuis une semaine, quand je passe devant mon PC tasse de thé à la main, je regarde vaguement où en est mon champion, comme je jetterais un œil au score d'une rencontre sportive. Et quand je bouquine sur mon canapé pendant que l'IA enchaîne les fatalités, je me sens doublement satisfait : de progresser et de gagner des niveaux, et d'être libre de faire autre chose. Suis-je simplement un crétin aliéné à l'âme gamifiée jusqu'à l'os, heureux d'avoir chez lui un compteur qui grimpe sans cesse et sans raison ? Ou bien s'agit-il d'une idée géniale, de l'avenir du jeu vidéo ? Contrairement à un authentique idle game, MK11 permet à tout moment de passer d'un rôle passif, de la satisfaction de progresser sans la contrainte de répéter sans cesse les mêmes actions, à un rôle actif, où l'on prend plaisir le temps d'une poignée de parties à bénéficier de tout ce qu'a gagné son double automatisé. Imaginez un open world infini que notre avatar explorerait du matin au soir et que l'on regarderait d'un œil distrait jusqu'à ce qu'un détail attire notre curiosité... Et puis si tous les jeux proposaient cette option, Noël Malware serait déjà un pianiste virtuose.

A la Une

En chantier

VTOL VR

Enfin une raison de casquer

Dossier

Dans le monde obscur des jeux clickbait

Les free-to-play vendus comme « les jeux les plus addictifs jamais réalisés » ont-ils vraiment un intérêt – et un public ?

On les a tous croisés au moins une fois, dans les marges d'une page web interlope, dans ces liens mystérieux en bas des articles ou dans une fenêtre pop-up. Eux, ce sont les jeux clickbait, qui appartiennent à trois grandes catégories : les jeux pour adultes, les jeux tout public mais présentés comme des jeux pour adultes et les jeux tout public plus ou moins vendus pour ce qu’ils sont vraiment. Tout le monde connaît ce type de free-to-play, parfois nichés entre la promotion d’une méthode pour apprendre l’allemand en une semaine et l’image de la banane responsable de vos potentiels problèmes d’arthrose. Ils nous aguichent souvent avec des femmes dénudées à la plastique impossible et des phrases d’accroche sensationnalistes (« Le jeu le plus captivant ! », « Saurez-vous mettre TOUTES ces femmes à vos pieds ? », « Jouez pendant une minute et comprenez pourquoi tout le monde est accro »). Quand on n'y joue pas, on les imagine médiocres et réservés à un public restreint et rétif à la notion de bon goût. Pourtant, certains de ces jeux fédèrent des communautés de millions d’utilisateurs, dont une poignée estime pâtir de ces campagnes marketing mensongères.

Test

A Plague Tale : Innocence

Allez en peste

Dans la vie, il y a le Kahn Lusth de Canard PC qui découpe des jeux et dit tout le temps des gros mots. Celui-là déteste les gosses et préférerait se mettre un coup de machette dans les boules plutôt que d'engendrer une quelconque descendance. Mais il y a aussi le Kahn Lusth du privé, qui aime sincèrement la progéniture qu'il croise dans les cercles familiaux et amicaux. Deux êtres que tout oppose et qui, le temps d'un jeu, vont se donner la main.

A venir

Divinity : Fallen Heroes

La tactique à la source

Dans le jeu vidéo, on obtient rarement ce dont on rêve. Par exemple, personne n'a refait Crusader Kings II en ne gardant que les mariages avec des chèvres, comme dans les fantasmes d'ackboo. C'est comme si on avait peur de créer un jeu peuplé uniquement de bonnes choses – un Skyrim sans rien d'autre que de la magie, ou un The Sims qui ne serait qu'une gigantesque piscine sans échelle. J'imagine que c'est pour mettre fin à cette malédiction que Larian utilise le merveilleux système de combats de Divinity : Original Sin 2 dans un jeu qui ne sera qu'une suite de réjouissantes escarmouches.

En chantier

VTOL VR

Enfin une raison de casquer

Je n'ai utilisé le terme « révolutionnaire » qu'une seule fois dans ma vie. Ce fut le jour où j'ai découvert qu'il fallait laisser tomber une feuille de papier toilette au fond des WC pour éviter les éclaboussures en faisant la grosse commission. Avec VTOL VR, je me sens obligé de l'employer à nouveau. Pour les fans de simulateur de vol, cet étonnant jeu indé, développé en solo par un Américain inconnu, est bel et bien une petite révolution.

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Je vis des hauts et des bas

De l'art de commander en ligne

(des joueurs hein, pas des pizzas)

N'en déplaise aux hippies fumeurs de Marie-Jeanne et autres chevelus récalcitrants à l'autorité, il faut parfois un leader dans les jeux multijoueurs. Mais bon dieu, que ce rôle est pénible. Ardu, épuisant, ingrat, j'ai toujours vu l'exercice du commandement comme une punition, une purge, une torture qui durera le temps de la soirée. Et l'immense majorité des joueurs semble du même avis. Alors que faire lorsque les camarades et la malchance nous posent des galons sur les épaulettes ?

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Depuis qu'un ami m'a écrit adorer Lovecraft et en particulier Call of Chutlu (sic), je ne peux pas m'empêcher de penser que le vieux H. P. est passé à côté d'une mine d'or : Chutlu, le petit poney mignon, dont l'appel est une charmante comptine qui résonne dans les plaines verdoyantes. Les chaînes de télé pour enfants se seraient arraché le concept à prix d'or. Alors que Call of Cthulhu là, excusez-moi mais ça ferait un dessin animé absolument nul pour la catégorie des 4 à 6 ans. Écrivains, réfléchissez deux minutes avant de nommer vos créations.

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Assassin's Creed Odyssey

Une suite à la saveur doux-Homère

Seul contre tous dans une rédaction blasée, je persiste à penser qu'Assassin's Creed Origins est un chef-d'œuvre, le meilleur épisode de la franchise, et la preuve qu'Ubisoft commence enfin à sortir la tête de l'eau après six ans à nous avoir sorti des ribambelles de jeux « corrects, mais pas top ». Alors si l'éditeur nous propose peu ou prou la même qualité d'aventure dans la Grèce antique, je signe tout de suite.

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